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Ce qui est entrain de se passer en Haïti est une authentique rébellion populaire anti-impérialiste

 
haiti-manifPort au Prince et d’autres villes d’Haïti sont aujourd’hui, le théâtre de la plus grande rébellion populaire de ces dix dernières années qu’ait connu la nation haïtienne. Des dizaines de milliers de manifestants se sont déversés dans la rue pour montrer leur rejet de l’actuel gouvernement dirigé par le Président Michel Martelly qui a décidé contre l’avis de la grande majorité, de maintenir la date du dimanche 24 janvier pour réaliser «une mascarade électorale» comme le qualifient les militants d’opposition. Et pourtant, une clameur assourdissante sortie des endroits les plus pauvres de la ville jusqu’à atteindre avec une rare violence, les rues du quartier résidentiel de Pétion-Ville: c’est le peuple dans toute la grandeur de sa capacité de résistance, faisant un grand honneur à ses origines indépendantistes et antiesclavagistes de 1804 qui s’est mis debout pour enclencher une offensive anti-impérialiste et écrire sur les pages de sa propre histoire, un extraordinaire: «ASSEZ !»
 
 
 
 
Assez d’utiliser le territoire haïtien comme un laboratoire d’invasion de la part des Etats-Unis et ses alliés.
 
Assez ! De l’invasion des troupes de la Minustah qui, contrairement à ce qu’énoncent ses promoteurs quand ils parlent d’«aider le peuple haïtien et entreprendre une mission humanitaire», tous leurs agissements  ne sont que répression, occupation, viols de garçons et de petites filles par les soldats entrainés pour tuer, pour transmettre le choléra dont l’épidémie a causé des milliers de morts.
 
Assez de complicité latino-américaine avec les troupes d’invasion des Nations Unies.
 
Assez ! Avec la mystification et l’hypocrisie internationale dérivée des honteuses «missions d’aide» dirigées par le génocidaire nord-américain, Bill Clinton dont l’objectif principal est de consolider encore plus les liens de dépendance et de domination du peuple haïtien.
 
C’est pour cela que, durant ces dernières semaines, Haïti s’est transformé en un  endroit clairement prérévolutionnaire qui produit ces derniers jours, une importante rébellion populaire. Face à l’entêtement criminel de Martelly et de ses affidés de faire tenir coûte que coûte les élections quel qu’en soit le prix et la timide réaction épistolaire des partis soi-disant d’opposition (à part quelques oppositions honorables), des milliers de jeunes décidèrent de prendre leur destin en mains, et par vagues successives s’emparèrent pacifiquement des rues avec des mots d’ordre contre le Conseil Electoral et pour la démission du Président.  Face à la brutale répression policière et des troupes de la Minustah, les jeunes se mobilisèrent et exercèrent en riposte, la nécessaire violence populaire. Quand celle-ci se produit dans certaines circonstances, elle provoque des réactions de rejet de certains secteurs oligarchiques et petit-bourgeois (y compris certains secteurs de la gauche bien pensante) qui ne peuvent pas comprendre que la patience des peuples a des limites à ne pas dépasser. Dans l’Haïti d’aujourd’hui, tout ce que fait le peuple en matière d’auto-défense face aux politiciens vénaux et  aux envahisseurs, est plus que justifié.

Les exemples de ces dernières heures sont accablants: Etudiants, travailleurs et lutteurs de toutes les générations traversèrent au pas de course le boulevard La SALINE. Puis ils surgirent dans le quartier de Bel-Air et sur la route DELMAS, au cri de «MARTELLY doit partir. C’est nous le Gouvernement». A la place Saint-Pierre, la police et de nombreux casques bleus de la Minustah attaquèrent la foule avec des gaz, des balles en caoutchouc des jets de liquide irritant pour la vue et la peau ; mais non seulement les jeunes ne cédèrent pas,  ils commencèrent au contraire à lever des barricades et à allumer des pneus dans les rues.  Les cocktails  Molotov, et autres objets similaires furent la réponse à la violence des gens en uniformes qui transformèrent en quelques minutes, le climat irrespirable par les gaz en un véritable pandémonium. Voitures brûlées, locaux du parti officiel détruit et le bouche à oreille diffusant le mot d’ordre que:«Personne ne quitte la rue, nous sommes le pouvoir populaire.»

Quand le gros des manifestants envahit avec ses chants et ses protestations le bastion «Martelliste» de Pétion-Ville, les commerçants fermèrent leurs portes et quelques énergumènes liés au parti de MARTELLY frappèrent un jeune qui fut rapidement secouru par d’autres, tandis que la colère populaire éclata dans toute sa plénitude contre les véhicules et quelques bâtiments officiels. C’est à ce moment précis qu’une nouvelle parcourut chacune des manifestations comme une trainée de poudre: «Le gouvernement a décidé de ne pas tenir les élection du 24 janvier pour des raisons de sécurité».

L’explosion de joie se répandit dans tout le pays et les exigences d’abandon du pouvoir par MARTELLY redoublèrent de plus belle. «Tant qu’il ne quittera pas le pouvoir, personne n’ira chez lui» déclara sur le capot d’une voiture un des lutteurs haïtiens. Et des milliers de bras se levèrent pour faire le V de la victoire. C’est là le panorama de ces dernières heures, malgré le black-out et les dénis médiatiques à propos d’une nation à qui l’Amérique Latine et les caraïbes doivent tant, entre autres choses, les vents de la liberté de 1804 qui illuminèrent les luttes indépendantistes ultérieures. Maintenant, ce qu’il faut faire, c’est que dans chacun des pays où les gouvernements ont décidé d’envahir Haïti avec des troupes latino-américaines il faut faire en sorte que cette honte s’arrête une fois pour de bon. Et qu’en échange, les organisations populaires du continent organisent leur solidarité concrète avec ceux qui dans la rue sont entrain de lutter de tous les moyens à leur portée pour l’indépendance définitive.
 
Par carlos-aznarez   - article du journal Équatorien "Opcion"- 

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