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Qui-sommes-nous

La mort du tyran Eyadema et la ‘’démission’’ de son dauphin-fils Faure Gnassingbé ne sont pas en elles-mêmes des facteurs de libération. Seule la lutte organisée et intraitable du peuple togolais peut ouvrir la voie à son émancipation.


Introduction


Depuis la mort du despote Eyadema le 5 février dernier, on observe diverses réactions, positions et manifestations sur le sol national et dans les milieux togolais en Afrique, Europe et aux Etats Unis. Parmi ces réactions, il y a celle défendue par les partis d’opposition dite démocratique, qui réclament le retour à «l’ordre constitutionnel» et l’organisation «d’élections libres et transparentes» afin d’établir la démocratie dans notre pays. Ils ne sont pas les seuls à brandir une telle revendication. Ils ont le soutien des institutions internationale, telle que la CEDEAO, l’UA, la Francophonie et l’UE. Sans oublier, l’appui constant des organes de presses africaines et occidentales qui ont ouvert leurs colonnes aux tenants de telles positions.

Pour notre part, nous avons fustigé dès le 6 février une telle position, mettant en garde nos compatriotes en exil qui, lassés par des années de dictature et d’exil forcé veulent accepter toute «solution» susceptible de «soulager» leurs souffrances et celle du peuple. Comme il se doit, nous avons ouvert des débats et polémiques au sein et en dehors de nos organisations respectives. Cette démarche s’inscrit dans le cadre du travail d’explications et de clarifications auprès de nos compatriotes en exil, afin de les amener à se départir de toutes illusions au sujet de la conquête de la démocratie par les urnes ou par le respect d’une quelconque constitution néocoloniale.

C’est au cours de ces différents rencontres et débats avec les compatriotes exilés qu’est née l’idée de la constitution d’une nouvelle force démocratique en exil pour prendre en charge les tâches de mobilisation et d’organisation qui incombent, dans la situation actuelle, aux démocrates et patriotes togolais. L’EXILÉ, -organisation démocratique des exilés togolais- le C.T.C.L, -Comité togolais pour la culture et la liberté- et quelques compatriotes sans parti et organisation constituent pour le moment le socle de ce front démocratique en exil. Une des tâches immédiates est, sans équivoque, l’affirmation de nos positions face au pouvoir autocratique et son opposition. C’est le résultat de cette démarche que nous avons succinctement résumé dans cette résolution publiée ci-dessous.


Résolution sur la situation nationale et les tâches des démocrates et patriotes en exil


1) Alors que le peuple togolais est dans la rue pour clamer son rail-le-bol contre le système, affronte à main nue la garde prétorienne du défunt dictateur, dénonce, avec véhémence, les perfides manœuvres de l’impérialisme français qui veut préserver ses intérêts et conserver son hégémonie sur notre pays.

2) Alors que notre vaillant peuple est entrain de panser ses plaies et d’enterrer ses dignes fils qui sont tombés sous les balles des hordes de la dictature.
3) Eux, les tenants de l’opposition, de par leur nature conciliante envers le régime oppresseur, et leurs liens avec les puissances impérialistes, français notamment, continuent de saboter la lutte du peuple. La mort du tyran Eyadema n’a rien changé dans leurs positions, pratiques et nature. Pour preuve, il suffit d’analyser les différentes déclarations des leaders de l’opposition les jours qui ont suivi le décès de l’autocrate Eyadema.


Dès le 6 février, par un communiqué la CDPA de Gnininvi approuve la confiscation du pouvoir par les FAT «Nous mesurons la gravité de la situation et nous comprenons la préoccupation de l’armée de maintenir la paix dans cette période de grande émotion»…Si, suite au décès du tyran, «maintenir la paix» au Togo c’est tirer sur de paisibles citoyens qui manifestent leur désir ardent de liberté, en ce cas, Gnininvi et la CDPA sont en bonne compagnie avec les putschistes. La position de la CDPA est inqualifiable.


Quelques jours après, sur Radio France Internationale (RFI), le leader du CAR, Agboyibo, ne dédaigne pas de se vendre comme une brebis à l’impérialisme français en ces termes «La France s’est appuyée aussi longtemps sur le clan Eyadema… Aujourd’hui, elle doit comprendre qu’il y a une nouvelle génération qui peut défendre ses intérêts au Togo…». Ne cherchons pas trop loin l’idée qui se cache derrière cette déclaration de Agboyibo. Cette «nouvelle génération» dont-il fait allusion dans cette interview n’est rien d’autre que lui et ses compères de l’opposition.


Quant à Jean Pierre Fabre (l’UFC), il déclare à l’AFP "Ce que nous voulons est un bloc et non des pièces éparses. Nous voulons le rétablissement de la légalité constitutionnelle et l'installation de Fambaré Natchaba (l'ancien président de l'assemblée fantoche RPT ''démis'') dans ses fonctions de président intérimaire"Nous voulons en plus un accord politique pour discuter des conditions d'organisations d'élections libres, transparentes et démocratiques".


4) Eu égard à cette situation, le peuple togolais sort de son mutisme, déjoue, une fois encore, les macabres plans de la France et des tenants de l’opposition dans notre pays. Les déclarations, ci-dessus, de Gnininvi, de Agboyibo et de Jean-Pierre Fabre attestent amplement qu’ils continuent à prôner une politique conciliante en s’aplatissant devant les quatre volontés de la dictature et de l’impérialisme français.

5) C’est pourquoi, le Front des Organisations Démocratique Togolais en exil, lance un vibrant appel aux compatriotes en exil et à travers eux, au peuple togolais, surtout à la jeunesse, de continuer intrépidement le combat jusqu’à:

    •    La chute définitive du pouvoir France-Faure-Bonfoh;
    •    l’abrogation de la constitution néocoloniale et de toutes les institutions issues des quarante deux (42) années de dictature sanglante.
    •    la démarcation totale vis-à-vis des partis d’opposition (CPP, CAR, CDPA, UDS, PSR, UFC, CDPA-BT etc.) qui sont de véritables complices de la dictature et de la France;
    •    la poursuite judiciaire et le châtiment des pilleurs de l’économie du pays, des tortionnaires et leurs commanditaires;
    •    la libération de tous les détenus politiques, le dédommagement des victimes du régime despotique;
    •    l’émergence d’un nouveau gouvernement démocratique provisoire issu des luttes populaires. Ce gouvernement, composé de patriotes et démocrates, aura comme tâche:


a) de convoquer une assemblée constituante qui prendra en charge l’élaboration d’une nouvelle constitution reflétant les réelles aspirations de notre peuple,

b) de rompre tous les accords secrets d’asservissement signés par le clan Eyadema avec l’impérialisme, français en particulier,

c) d’organiser des élections réellement libres et transparentes, sans la participation de l’ancien parti-Etat-RPT.

6) Cette situation de révolte populaire risque d’être incontrôlable et fatale pour le clan Eyadema et l’impérialisme français, à l'instar de ce qui a failli arriver en 1990-1991. A condition que le peuple, notamment les organisations démocratiques qui militent en son sein, tire les enseignements des évènements d’octobre 1990 et juin 1991 où, la clique Agboyibo-Koffigoh-Gninninvi avait détourné, sur ordre de l’impérialisme français, le mouvement insurrectionnel sur une voie sans issue.

7) Cette voie sans issue était le résultat des différentes compromissions (les accords du 12 juin 1991, de Colmar, de Ouaga, la commission mixte paritaire et la conférence nationale) qui avaient permis au pouvoir autocratique de Eyadema de gagner du temps et de reprendre le pouvoir en organisant systématiquement les arrestations, les assassinats des démocrates et patriotes. C’est la raison pour laquelle, hier comme aujourd’hui, nous sommes contre toutes négociations et autres accords politiques avec le nouveau régime Faure-Bonfoh. Ces accords politiques serviront simplement à désamorcer la lutte du peuple. C’est pourquoi nous devons nous détourner et combattre au même titre que la dictature ceux qui prônent, à l’heure où nous sommes, la lutte pour le rétablissement de la constitution néocoloniale.


France-Faure-Bonfoh: un régime congénitalement répressif et moribond


8) Au Togo, pendant les années sombres de la dictature, bon nombre de compatriotes qui, sous la peur de la répression ne voulaient pas affronter le régime, faisaient circuler au sein de la population que «le jour où Eyadema décédera, l’autocratie s’effondrera d’elle-même». Nous avons toujours combattu de telles idées nocives qui ont été utilisées pour émousser la lutte et d’entraîner le peuple togolais dans une passivité chronique face à la police politique du tyran.

9) Aujourd’hui, avec la mort de Eyadema, cet argument a été battu en brèche, balayé parce que ce système mafieux est toujours en place et a hissé à sa tête un autre chef de bande. Donc, par définition, Eyadema n’est et n’était pas seul, il fut le chef de file, mais aussi le garant d’un système qui avait tissé des connections à l’intérieur comme à l’extérieur du pays.

10) De son vivant, Eyadema détenait l’essentiel du pouvoir, mais ne gouvernait pas seul; il avait autour de lui une basse cour qui le servait. C’est cette cour, composée de fidèles et autres caciques qui ont organisé le coup du 5 février 2005 contre leur propre constitution et porté Faure Gnassingbé au pouvoir. Nous le voyons bien, avec l’arrivée au pouvoir du fils rien n’a changé, la nature du pouvoir reste foncièrement anti-national, anti-peuple, antidémocratique, apatride et pro-impérialiste comme au temps du père, Eyadema.

11) Aujourd’hui, le peuple togolais, avec le soutien et l’appui indéfectible des véritables organisations démocratiques, a décidé d’en découdre avec ce régime congénitalement moribond qui ne cesse de prôner une politique anti-démocratique, fasciste, se caractérisant par:
 

    •    L’instauration de l’Etat d’urgence, quasi permanent sur le territoire national.
    •    Des massacres de populations non armées.
    •    Le licenciement de fonctionnaires d'Etat non zélés
    •    La fermeture des stations de radio et télévision non gouvernementales.
    •    La saisie et l’interdiction des journaux et tracts édités par les organisations démocratiques.
    •    Des montages d’incidents, de provocations, de désinformations, d’intoxications pour interdire les manifestations et réunions politiques.


12) C’est pourquoi, depuis la mort du despote Eyadema, nous nous insurgeons contre les positions de la CEDEAO, de l’UA et des faux démocrates de l’opposition (Agboyibo, Gnininvi, Edem Kodjo, Zarifou Ayeva etc.) qui continuent de faire croire au peuple togolais, qu’un retour à la ‘’légalité constitutionnelle’’ et à l’organisation ‘’d’élections libres et transparentes’’ pouvaient instaurer la démocratie dans notre pays.

13) De part l’expérience de lutte que notre peuple a acquise ces quinze dernières années, avec les multiples coups de force des militaires, le retour à la légalité constitutionnelle et à l’organisation d’élections avec la participation du clan Eyadema ne sont que de la tromperie, de la gesticulation afin d’endormir le peuple en révolte.

14) En effet, le retour à la ‘’légalité constitutionnelle’’ et à l’organisation d’élections dont parlent les partis d’opposition (CAR, CDPA, ADDI, UFC, CDPA-BT, CPP, PDR, UDS etc.) est la voie ouverte pour partager le gâteau, le pouvoir néocolonial sans l’autocrate Eyadema. Alors, dans ce cas concret, nous ne parlerons plus au Togo d’un régime autocratique où une seule personne détient l’essentiel du pouvoir. Mais d’un régime oligarchique c'est-à-dire un pouvoir où différents clans (-pouvoir et son opposition-) s’entendent et gouvernent le pays. D’ailleurs, c’est le vœu le plus cher des tenants de l’opposition (Agboyibo, Kodjo Edem, Gnininvi, Ayeva Zarifou et des transfuges du RPT).

15) Avec la revendication du retour à la prétendue légalité constitutionnelle, les partis d’opposition constituent un obstacle à la lutte émancipatrice que notre peuple est entrain de mener contre le nouveau pouvoir France-Faure-Bonfoh. Cette légalité qu'ils brandissent va à l’encontre des aspirations du peuple. C’est la légalité instaurée par le dictateur Eyadema avant son décès, laquelle lui a permis de gouverner sans impunité. Souvenons-nous bien qu’en, 1990 - 91, se sont les mêmes chef de partis (Agboyibo, Gnininvi, Edem Kodjo, Ayeva Zarifou etc.) qui ont fait croire au peuple et à la jeunesse que (les Accords du 12 juin 1991, la conférence nationale, la constitution néocoloniale de septembre 1992, et récemment l’Accord Cadre de Lomé) serviront à évincer Eyadema du pouvoir.

16) Au contraire, les faits nous ont démontré qu’on ne peut jamais venir à bout d’un régime autocratique avec des petites réformes et de surcroît avec des textes de lois. Les multiples coups de forces du tyran Eyadema contre le premier gouvernement Koffigoh et les institutions de la transition en octobre-décembre 1991 confirme cette vérité historique. Le véritable levier du pouvoir est et restera l’armée, la gendarmerie, la police, la justice, l’administration et les entreprises d’Etat. C’est l’ensemble de ces institutions que nous appelons l’appareil d’Etat néocolonial. Sans la destruction de cet appareil répressif et son remplacement par un pouvoir issu des luttes populaires, l’on ne peut parler d’acquis démocratique, ni de démocratie au Togo.

17) L’histoire des peuples du monde en atteste amplement qu’une constitution, même la plus démocratique, à elle seule, ne suffit pas pour instaurer une véritable démocratie dans un pays où sévit un pouvoir néocolonial. L’exemple du Chili de Salvador Allende et d’Haïti de Jean-Bertrand Aristide est édifiant pour comprendre le rôle des armées néocoloniales qui, de part leur nature anti-nationale, anti-peuple et pro-impérialiste foulent aux pieds les constitutions et la République.

18) Face à cette situation, le devoir sacré de tous les démocrates et patriotes, en exil, est de se mobiliser, de s’organiser, de prendre position contre le régime France-Faure-Bonfoh afin de hâter sa chute définitive. C’est pourquoi, nous invitons toutes les organisations et associations togolaises en exil à se démarquer des vendeurs d’illusions et à rallier cette plate-forme. Laquelle explique les grandes lignes de la voie à suivre pour se départir des illusions sur ‘’le retour à la légalité constitutionnelle’’ et ‘’l’organisation d’élections libres et transparentes’’ sous le régime autocratique.


Engageons cette lutte sur la base des principes et d’une plate-forme démocratiques


A cet effet, nous devons impérativement nous organiser autour de ce qui suit:


Il est impossible d’instaurer la véritable démocratie au sein d’un régime autocratique et néocolonial.

Il est impossible de mener la lutte pour la démocratie au Togo sans que cette lutte ne soit intimement liée à la lutte contre l’impérialisme français qui contrôle notre pays à travers sa base militaire à Niamtougou à l’aéroport de Lomé et autres assistants techniques dits de coopérants. Ce faisant, la France est l’ennemie principale de notre peuple et des peuples frères de la sous région et d’Afrique.

Il est impossible de mener la lutte contre ce pouvoir sans une démarcation stricte entre les patriotes, démocrates et les partis d’opposition (CAR, CDPA, UFC, CDPA-BT, CPP, PDR, UDS, PSR etc.) qui ont toujours prôné une politique conciliante à l’égard de la dictature et la France.

Il est impossible de mener cette lutte sans dénoncer les plans du FMI et de la Banque Mondiale qui, sont à l’origine de la misère, de la paupérisation du peuple togolais. Le pouvoir autocratique comme ses rivaux de l’opposition sont les farouches défenseurs de ces plans dans notre pays. Voilà le fondement économique et social de l’allégeance de ces deux clans rivaux -pouvoir et opposition- aux puissances impérialistes.

Il est impossible de mener cette lutte sans combattre l’impunité que prônent, actuellement, les faux démocrates de l’opposition sous le vocable de «réconciliation nationale», et du «grand pardon». La vie a confirmé que c’est cette fameuse impunité qui avait et a permis aux ennemis du peuple de se couvrir du manteau de démocrate. L’exemple des Kodjo Agbeyomé, des Péré et récemment de Fambare Natchaba, est, dans la situation actuelle, édifiant. Or, ces larbins, ces lugubres personnages ont servi la dictature sanguinaire de France-Eyadema jusqu’au bout avant d’être écartés pour des querelles internes à ce clan.

Il est impossible de mener une lutte conséquente sans combattre en notre sein les conceptions et idées ethnicistes et régionalistes. Parce que cette oppression du régime Eyadema a touché l’ensemble du peuple togolais (Kabye, Ewe, Kotokoli, Moba, Tchokossi etc.) et les oppresseurs togolais appartiennent à toutes les ethnies ou nationalités du Togo.

La véritable démocratie ne peut s’établir qu’après la destruction de fond en comble du pouvoir néocolonial, sur les ruines de celui-ci. La véritable démocratie ne saurait sortir des urnes, ni d’un quelconque retour à la légalité constitutionnelle, ni d’une conférence nationale ou table ronde. Elle ne peut surgir que de l’insurrection populaire.

Cette insurrection populaire, les glorieuses journées d’octobre-novembre 90 et les manifestations qui se déroulent actuellement sur le sol national, nous en donnent un avant-goût et nous montrent comment l’organiser avec succès. Ce n’est ni le débat autour de la constitution néocoloniale, ni l’organisation des élections qui ont contraint le pouvoir France-Faure à faire marche arrière. C’est plutôt, le Peuple par sa lutte incessante, ses multiples manifestations de rue et ses sacrifices qui avaient acculée le pouvoir France-Faure a organisé -un recul tactique- le 25 février dernier.

C’est par l’insurrection que les masses en révolte, mobilisées et organisées prendront d’assaut ce pouvoir oppresseur et réduiront en cendres son appareil d’Etat.

C’est lorsque le pouvoir France-Faure-Bonfoh sera par terre, que le peuple pourra organiser des élections réellement libres et transparentes et qu’il mettra à la place de ce régime vomi, de véritables institutions démocratiques.

La préparation de l’insurrection populaire pour balayer la dictature est donc la seule priorité qui compte à l’heure actuelle. Toute autre voie n’est que de la manipulation, de la tromperie.

Cette insurrection populaire ne peut être victorieuse que sous la direction des véritables partis, organisations anti-impérialistes qui militent au sein du peuple. C’est à cette noble tâche que doivent s’atteler les honnêtes gens, les démocrates et patriotes togolais.

Nous sommes contre les conceptions qui laissent entendre que les FAT peuvent être neutres et jouer le rôle d’une armée républicaine. Il doit être clair pour tout un chacun que l’armée togolaise est une milice, créée, contrôlée et dirigée par des officiers français pour défendre le clan Eyadema et protéger les intérêts de la France dans notre pays et dans la sous-région. Cette milice est, avant tout, le pilier de la dictature et elle ne peut jamais être neutre dans un véritable processus démocratique.

Nous sommes contre les idées qui accréditent le coup d’Etat comme un facteur de changement. Parce que le putsch en tant qu’alternative n’émane nullement de la volonté populaire, c’est un complot organisé par un clan de militaires minoritaires, souvent de connivence avec quelques intellectuels opportunistes, qui veulent goûter à la chose publique. Par principe, le peuple togolais s’y oppose résolument. Et il l’a démontré par sa mobilisation le 5 février dernier. Notre peuple s’y oppose parce que le coup d’Etat ne peut apporter le changement souhaité: qu’est la démolition du système néocolonial en place.

Nous sommes contre toute intervention militaire au Togo. La lutte pour la démocratie dans un pays est avant tout l’œuvre du peuple de ce pays, que celle-ci ne saurait en aucune manière garantie par des baïonnettes et canons étrangers.


Pourquoi sommes-nous contre toute intervention militaire au Togo, dans la sous région et en Afrique ?


20) Tout juste au lendemain de la mort du tyran Eyadema et la prise du pouvoir par son fils Faure Gnassingbé, avec l’appui de l’armée et la complicité de l’impérialisme français, des voix se sont élevées de par le monde pour dénoncer cette énième forfaiture des FAT. Parmi les plus médiatisées, on peut citer celle du président nigérian Obasanjo qui n’avait pas hésité à brandir la menace d’une intervention militaire pour rétablir ‘’l’ordre constitutionnel’’ au Togo.

21) Les faux démocrates de l’opposition qui ont toujours entretenu ce vieux rêve d’une intervention militaire étrangère pour leurs permettre d’accéder au pouvoir, avaient honteusement amplifié les déclarations du président nigérian au sein de la population. En amplifiant l’intervention militaire étrangère les faux démocrates de l’opposition et autres opportunistes confirment une fois de plus leur nature apatride, étrangère à toute dignité nationale, à toute idée de souveraineté nationale. Cette perfide démarche des tenants de l’opposition a pour but de démobiliser comme pendant les moments forts du mouvement de 1990-1991 le peuple, afin de le faire comprendre que «ça ne sert plus à rien de lutter», que «le Nigeria va intervenir, qu’il faut attendre cette intervention militaire pour instaurer l’Etat de droit au Togo»

22) Cette intervention militaire brandie par le président Obasanjo ne sortait pas du néant, nous devons analyser avec lucidité cette position «radicale» pour comprendre les intentions réelles des dirigeants nigérians. Quelques soient les circonstances et surtout le degré d’oppression du peuple, les démocrates, les patriotes doivent avoir une position de principe à l’égard de toute intervention militaire dans notre pays, sans se laisser entraîner dans une aventure ou se laisser berner. Cette position de principe est claire. Nous sommes ouvertement contre l’idée d’une intervention militaire afin d’instaurer un quelconque «Etat de droit» au Togo. La situation internationale dans le monde, avec l’intervention militaire des puissances impérialistes en Irak, Haïti, au Congo Démocratique et en Côte d’Ivoire nous démontre que derrière les interventions militaires il y a des intérêts économiques, politiques et culturels. Et l’histoire de lutte des peuples sous domination en atteste: que dans aucun pays du monde, une intervention militaire d’une puissance étrangère impérialiste n’a jamais apporté la démocratie.

23) De ce fait, nous devons impérativement dénoncer les positions vacillantes, hypocrites des instances de la CEDEAO, de l’UA et du président Obasanjo. Parce que, les positions anti-coup d’Etat du président Obasanjo chez nous, s’inscrit dans le cadre de la sauvegarde ou de la conquête des intérêts politiques et économiques au Togo. En clair, l’intervention d’Obasanjo et du parlement nigérian, s’inscrit dans le cadre de l’âpre lutte inter-impérialiste -France-USA- qui se déroule actuellement dans la sous-région et en Afrique. Le retour à la légalité constitutionnelle qu’ils réclament ouvertement dans notre pays est un alibi pour cacher cette rivalité inter-impérialiste. On sait que l’autocrate Eyadema de son vivant a violé à plusieurs reprises sa propre constitution et fraudé les différents scrutins. Les instances de la CEDEAO y compris le président Obasanjo ne l’ont jamais condamné, les chefs d’Etat de la CEDEAO et de l’UA lui, ont, toujours déroulé le tapis rouge.

24) L’autocrate Eyadema a été le gardien des intérêts de l’impérialisme français dans la sous-région. C’est sous son règne sanglant que la France a pu concocter et organiser les assassinats de présidents et le renversement de gouvernements soupçonnés pro-USA. Avec sa disparition, la France perd un allié solide. L’impérialisme américain, malgré ces accointances avec son dauphin fils Faure Gnassingbe, a décidé d’affaiblir les positions dominantes de son rival au Togo et dans la sous-région en faisant appel au couple Obasanjo-Konaré pour faire pression sur les putschistes et se profiler comme le nouveau garant de la ‘’démocratie’’ dans la sous-région. Même le Sud-africain Thabo Mbéki qui avait une position vacillante, après le premier discours de Faure Gnassingbé, a été sommé de rentrer dans les rangs. Pour les démocrates et patriotes togolais, il n’y a plus d’illusion à ce sujet, tout comme au Libéria et en Sierra Leone, le président nigérian Obasanjo roule pour les intérêts de l’impérialisme yankee. Il est le porte-parole et la main de l’impérialisme américain dans la sous région et en Afrique.

25) Une intervention militaire étrangère dans la situation qui prévaut dans notre pays, servira simplement à sauver le régime néocolonial, à mater la ‘’rue‘,’ le mouvement démocratique et museler les organisations et partis qui luttent réellement contre le pouvoir France-Faure-Bonfoh. Cette intervention va accentuer l’asservissement de notre peuple et de notre pays. Et en plus, elle risque, à l’appel du clan Eyadema, de provoquer l’intervention directe de l’impérialisme français. Ainsi, notre pays risque de se transformer en un champ d’affrontement de forces étrangères, avec des conséquences désastreuses pour notre peuple.

26) Le peuple togolais seul peut et doit faire face à la dictature jusqu’à la vaincre. -Evidemment, avec le soutien des autres peuples opprimés de la sous région et du monde.- L’histoire et l’expérience des peuples du monde montrent que la démocratie dans un pays est avant tout l’œuvre du peuple de ce pays, que celle-ci ne saurait en aucune manière être garantie par des baïonnettes et canons étrangers.


27) Nous lançons un appel à tous les démocrates et patriotes en exil à se joindre à nous sur la base de cette plate-forme pour qu'ensemble, nous apportions le meilleur de nous-mêmes à la lutte émancipatrice du peuple togolais.


Bruxelles, le 8 avril 2005


Le Front des Organisations Démocratique Togolais en Exil


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