Togoenlutte

flickr facebook twitter digg stumbleupon feed

LE FRAC, TÊTE DE PONT DE L’IMPÉRIALISME FRANÇAIS AU TOGO (Deuxième partie)

 

Le FRAC et son allié Agbeyomé Kodjo

AGBEYOMEDans nos efforts pour connaître et faire connaître la nature et les objectifs du FRAC, un autre personnage doit retenir notre attention. Il s’agit d’Agbeyomé Kodjo. À vrai dire, les récents zigzags politiques de l’individu sont tels qu’il est difficile de s’y retrouver: d’abord membre du FRAC, il a quitté cette organisation pour s’acoquiner avec le CAR et la CDPA au sein d’une «Coalition pour l’Alternance»; ayant fait adopter par son parti (OBUTS) le principe d’une participation au gouvernement, il est allé proclamer le contraire et désavouer ceux qui ont osé lui rappeler la position arrêtée… Bref, la pratique politique d’Agbeyomé est le propre d’un individu qui n’est poussé que par son ambition personnelle. Nous allons nous en arrêter là et voir ce qu’il en est de son parcours politique, dans la mesure où il est toujours considéré au moins comme un proche du FRAC.

Jusqu’à sa prétendue conversion à la démocratie, Agbeyomé a mené sa carrière à des postes élevés, au service du pouvoir Eyadema: directeur du Port autonome de Lomé, ministre de l’Intérieur, Premier ministre. Ce qui lui a permis de s’enrichir effrontément sur le dos du peuple. On se rappelle qu’il y a quelques années, il célébrait bruyamment son premier milliard. C’est lui qui occupait le poste de ministre de l’Intérieur quand le peuple qui manifestait pacifiquement, fut sauvagement massacré au jardin Fréau. Indubitablement, Agbeyomé fait partie de ceux qui auront à rendre des comptes en cas de vrai changement démocratique dans notre pays, car c’est un acteur conscient de la politique de prédation et de terreur menée par la dictature contre le peuple.

Bien entendu, comme cela se passe souvent dans les cas de ce genre, Agbeyomé tente de se dédouaner, en prétendant qu’il n’était responsable de rien, que les ordres venaient d’ailleurs. Il jure qu’il avait même tenté de prévenir Gnininvi au sujet du jour du massacre du Jardin Fréau. Mais ce genre d’explication n’a aucune valeur, et nous allons d’ailleurs à ce sujet rappeler quelques questions de principe. Ce sont des questions élémentaires mais qui semblent échapper à beaucoup. Un gouvernement est un collectif. Ses positions et ses actions engagent la responsabilité de chacun de ses membres. La seule manière de montrer son désaccord avec un gouvernement dont on fait partie, et de dégager sa responsabilité, c’est de démissionner et de se démarquer. Cela n’a rien d’extraordinaire, puisque Boko l’a fait en 2005 pour, dit-il, ne pas cautionner la fraude électorale.

Les déclarations qu’Agbeyomé fait après coup, sur les fraudes électorales et sur les massacres du jardin Fréau, ne diminuent donc en rien sa responsabilité, du moment qu’il est resté à son poste au moment des faits. Pour faire le tour de la question, nous allons prendre d’autres exemples significatifs. Ainsi, nous dirons que Adimado Aduayom et Gnininvi portent la responsabilité de toutes les pratiques crapuleuses et répressives du gouvernement de Faure dont ils ont fait partie. Tout comme Agboyibo lorsqu’il était Premier ministre.

De même, on entend souvent répéter qu’en 1990-1992, c’est Koffigoh, qui porte la responsabilité de l’échec de la transition, parce qu’il n’a pas appliqué les décisions de la «conférence nationale souveraine». Bien entendu, la responsabilité individuelle de Koffigoh est indéniable, mais selon le principe évoqué plus haut, les actes qu’il a posés engageaient l’ensemble des membres de son gouvernement, et par conséquent tous les partis politiques qui y étaient représentés. À l’exception, naturellement, de ceux qui l’auraient publiquement désavoués et auraient pris leur distance. Force est de remarquer qu’il n’y a eu désaveu, ni démarcation. C’est donc toute l’opposition dite démocratique qui porte la responsabilité de la politique de Koffigoh. Le fait est que la politique des tractations au sommet n’avait aucune chance de réussir, et c’est qu’on veut masquer en mettant tout sur le compte du seul Koffigoh.

Pour en revenir à Agbeyomé, nous ne pouvons pas oublier les milices qui n’ont cessé de sévir en son nom à Kouvé. Il ne peut pas prétendre qu’il n’était pas responsable et qu’il ne savait pas. C’est bien plus tard qu’il a pris ses distances avec le clan Gnassingbé. Puis il a conclu une alliance avec Péré. Il n’était pas difficile de voir dans cette alliance entre deux personnalités dont l’un est du Nord et l’autre du Sud, un coup de l’impérialisme français, toujours soucieux de faire passer la question du Nord et du Sud comme la question centrale de notre pays.

En tout cas, nous disons qu’Agbeyomé a des comptes à rendre. Mais relevons en passant, que ses compères du FRAC ont l’air d’oublier cette exigence, alors qu’ils prétendent œuvrer pour la fin de la politique de l’impunité. Cela suffit à nous confirmer qu’ils cautionnent l’impunité, qu’ils bafouent les principes démocratiques tout comme le RPT, et qu’ils n’ont rien de sérieux pour ce qui concerne la lutte pour la démocratie.

Bruxelles, le 5 août 2010

Le Front des Organisations Démocratiques Togolaises en Exil

Site web: www.togoenlutte.org

Les derniers articles

Contact