Togoenlutte

flickr facebook twitter digg stumbleupon feed

Jean-Pierre FABRE et CAP-2015: Un faire valoir pour FAURE Gnassingbé. (Suite et fin)

 

Quelle est la part des tâches qui revient à nous de façon spécifique, nous qui sommes de la diaspora ?


ouattara-fabre

En abordant cette question, nous pensons d'abord à ceux qui nous reprochent de faire des critiques alors que nous sommes à l'étranger. «Vous n'êtes pas sur le terrain, disent-ils». En réalité ce genre de remarque vient de ceux qui n'ont pas d'arguments sérieux à nous opposer, et qui veulent nous dénier le droit à la critique. Des personnalités, des organisations ont mené ou même dirigé des luttes dans leur pays sans être pour autant sur le sol national, et l'Histoire fourmille d'exemples à ce sujet. De GAULLE, le chef de la Résistance française pendant la Seconde guerre mondiale, n'était pas en France, mais à Londres; Amilcar CABRAL, dirigeant de la lutte anticoloniale de la Guinée Bissau et du Cap Vert, était en Guinée Conakry; les principaux dirigeants de la lutte anti-apartheid en Afrique du Sud (Olivier TAMBO, Tambo MBEKI...), ceux qui n'étaient pas en prison, résidaient dans les pays voisins, notamment en Tanzanie. Mais nous n'avons pas du tout la prétention de nous situer au niveau de ces dirigeants que nous citons en exemples. Notre organisation n'a pas vocation à diriger la lutte du peuple togolais. Mais même de l'extérieur où nous sommes, nous pouvons apporter notre contribution, dans les limites de nos capacités. Le débat politique fait partie de cette contribution car il aide à y voir plus clair pour aller dans la bonne direction.

Lorsqu'un patriote togolais entend un AGBOYIBO déclarer qu'il peut lui aussi servir les intérêts de la France, il n'a pas besoin d'être sur le sol national pour le dénoncer comme un vendu, et pour mettre en garde contre lui. C'est, non seulement un droit, c'est même un devoir de patriote. Mais nous ne pensons pas que notre travail doive se limiter à cela.

La tâche qui nous incombe aujourd'hui à chacun d'entre nous, c'est avant tout de travailler à multiplier, à renforcer et à activer nos organisations de base permanentes. En effet, le nom de ces organisations, les Comité d’Étude, d'Action et de Soutien (CEAS), résume déjà à lui seul notre programme d'activité: étudier, mener des actions, soutenir la lutte du peuple. Évidemment, il peut arriver qu'à une période donnée et selon les exigences du moment, une de ces activités prenne le pas sur les autres. Mais aucune d'elles n'est négligeable.

 

  • L'étude

L'étude est une activité indispensable pour un vrai démocrate. Il faut, en effet, se faire à l'idée que la démocratie et la lutte pour la démocratie c'est quelque chose qui s'apprend, quelque chose qu'on doit étudier si l'on ne veut pas faire le jeu des faux démocrates. Souvent on entend certains compatriotes répéter que «maintenant il faut agir ! Ce n'est pas le moment de perdre du temps à étudier». En général, ce sont des compatriotes qui se laissent justement influencer par l'opposition dite démocratique et par les solutions que ces derniers leur proposent. Ceux là ne prennent pas la peine de réfléchir, d'étudier et de tirer leçon des expériences successives qu'ils ont avec ces faux démocrates. Mais à chaque fois qu'ils «agissent», ainsi, ils se retrouvent avec de nouvelles négociations qui aboutissent à de nouveaux accords sans lendemain. Ils en sont toujours là.

Sur la nécessité d'étudier, d'apprendre réellement ce qu'est la démocratie, nous ferons une remarque qui nous concerne plus particulièrement. Nous avons souvent remarqué que de nombreux compatriotes au pays sont persuadés que nous qui sommes à l'étranger, en particulier en Europe et aux États-Unis, nous avons plus d'accès aux informations, et que nous avons donc la possibilité de leur apporter beaucoup en matière de démocratie. Mais il leur arrive d'être fort déçus. En effet, certains parmi nous, malgré un séjour parfois fort long à l'étranger, font montre d'une ignorance profonde; ils n'ont rien appris, et ils racontent n'importe quoi, incapables de répondre à leur attente. Nous devons être conscients de cela pour ne pas décevoir nos compatriotes. Mais, précisons-le une fois de plus; l'étude dont il est question ici n'a rien à voir avec la formation universitaire. Nous ne sommes pas contre les études universitaires, mais il ne s'agit pas de cela ici, mais de formation politique, qui passe par l'étude personnelle mais aussi collective notamment au sein du CEAS. C'est dans ce but que nous multiplions actuellement les publications, en vue de nourrir le débat politique. Nous devons absolument rompre avec une certaine paresse d'esprit, ce poison hérité du régime EYADEMA et qui continue ses effets nocifs sous son fils et successeur.

  • L'action.

Il nous faut rappeler toutefois que l'étude pour être féconde doit être complétée par l'action. En effet, la nécessité de l'étude n'est pas une raison pour rester enfermés entre quatre murs. Comme nous l'avons dit l'étude et l'action doivent se compléter dans la formation politique. La connaissance par l'étude doit justement nous aider, nous guider dans notre action qui est donc logiquement une partie importante de notre programme, et en retour l'action permet de vérifier et d'enrichir notre connaissance. En quoi doit consister notre action ?

Dans nos conditions actuelles, nous devons mettre l'accent sur le développement des CEAS. Il nous faut multiplier leur nombre, les étendre dans la diaspora. Dans ce sens, l'initiative de chacun a son importance, tout comme l'initiative collective: le compatriote qui a nos publications, qui est d'accord avec leur contenu, peut les mettre à la disposition d'autres compatriotes, engager la discussion avec eux, et contribuer ainsi à la création d'un CEAS.

Un CEAS déjà existant peut aussi engager des initiatives dans ce sens. De cette manière, nous pourrons parvenir, de proche en proche au sein de la diaspora, à ce vaste mouvement démocratique que nous souhaitons, et qui sera capable d'envisager des formes d'actions diverses; meetings, manifestations en soutien à la lutte sur le sol national.

  • Le soutien

Le soutien à la lutte du peuple togolais est notre raison d'être, comme le précise d'ailleurs fort bien le nom que nous nous somme donné. C'est le troisième point de notre programme. Ce soutien est naturellement multiforme. Il y a le soutien politique, à travers nos prises de positions, les meetings et les manifestations que nous aurons à organiser pour dénoncer et isoler le régime dans l'opinion internationale, pour montrer notre solidarité avec les luttes et pour faire connaître celles-ci à l'extérieur. Il y a aussi le soutien matériel, également nécessaire, et qui n''est pas à négliger.Mais ce soutien doit se faire avec discernement. Il ne s'agit pas de soutenir n'importe qui ni n'importe quoi. Cela veut dire qu’il ne peut jamais être question de soutenir une organisation politique nationale dont le leader peut affirmer ouvertement sa disponibilité à servir les intérêts d'un pays étranger.

Par ailleurs imaginons un instant ces compatriotes de la diaspora, qui ont commencé par soutenir les marches et le mot d'ordre de «pas de réformes pas d'élection»; qui ont ensuite accepté de participer au financement de la campagne électorale de Jean-Pierre FABRE, après avoir été convaincus que le scrutin était gagnable comme en 1958; et qui s'entendent raconter maintenant que cette élection a juste servi à démontrer l'ampleur de la fraude ! Pire, qu'il faut recommencer les marches ! Non seulement ces compatriotes ont perdu leur temps et leur argent, mais nous craignons qu'ils n'attrapent le vertige à force d'entendre les mêmes leur servir autant d'arguments aussi contradictoires.

Avant d'envisager la question même de soutien, sous quelque forme que ce soit, il faut se poser cette question indispensable.

  • Ce soutien va-t-il dans le sens des intérêts du peuple et de la démocratie ?

  • Est-ce vraiment un appui à la lutte populaire contre la dictature et pour la démocratie ?

C'est là que doit intervenir le préalable de la ligne politique du programme. C'est là qu'il doit être question de notre discernement, comme nous le disons plus haut. C'est pour cela que nous sommes plus que réticents devant les campagnes des souscriptions que lancent ici et là les tenants de l'opposition dite démocratique. Nous espérons que les compatriotes eux-mêmes ont tiré les leçons nécessaires.

Avant de parler d'aide matérielle, il faut nous mettre d'accord sur l'objectif, et donc sur la ligne politique. Il n'est pas inutile, pour terminer, de rappeler ici les termes de notre plate-forme.

«L’objectif du Front des Organisations Démocratiques Togolaises en Exil en tant qu'organisation politique en terre d'exil, est de contribuer et de participer à la lutte émancipatrice du peuple.

Sa plate-forme est celle du soutien et de l'appui sans faille au programme des forces démocratiques nationales qui luttent sur le sol national pour la libération nationale, c'est-à-dire des forces :

  • qui rejettent toute conciliation avec l'autocrate et qui considère que la démocratie peut s'instaurer sans la destruction de celle-ci;

  • qui lient la lutte pour la démocratie et la lutte contre la domination impérialiste et néocoloniale; la lutte contre l'impérialisme français en particulier;

  • qui font du peuple mobilisé et organisé de la lutte révolutionnaire du peuple, le moteur du changement démocratique et qui se démarquent de tout électoralisme».

 Le Togo En Lutte 

 

Le Front des Organisations Démocratiques Togolaises en Exil

Infos : www.togoenlutte.org

Contact : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Les derniers articles

Contact