Grève des dockers au Port autonome de Lomé.

dockersTout comme les ouvriers de la cimenterie de Tabligbo et de Kpémé, les dockers du Port autonome de Lomé ont déclenché depuis le début janvier 2009 un mouvement de grève pour demander des meilleures conditions de vie et de travail. Comme il fallait s’y attendre, les tenants du pouvoir n’ont pas du tout lésiné sur les moyens -médiatiques et policières- dont-ils disposent pour isoler les grévistes. Ainsi, Faure et ses affidés ont voulu faire croire que se sont les jeunes des quartiers populaires de Bè et d’Akodessewa qui sèment la pagaille et le désordre au sein du Port. Il n’ y a aucun doute que cette intoxication grossière a été vite perçue par l’ensemble du mouvement syndical qui a continué à braver résolument les autorités portuaires. C’est dans ces conditions que le pouvoir s’est ravisé et a envoyé tout un arsenal de répression afin de briser le mouvement des dockers.

En effet, dans sa livraison du 9 janvier 2009, le journal indépendant Liberté Hebdo N° 452 nous rapporte un témoignage édifiant d’un des responsables des grévistes: «Depuis trois jours, nous sommes en grève pour réclamer un statut pour notre corps de métier. Mercredi, nous avons rencontré les autorités portuaires pour débattre du sujet mais nous n’avons pas eu gain de cause. Les discussions n’ont pas du tout évolué. Ces autorités ont souvent fait du dilatoire en nous disant de surseoir à la manifestation et qu’ils vont régler le problème. Mais après, elles ne font rien». … «Il y a plus de quinze ans que cette affaire dure. Les autorités portuaires ont même envoyé des missions dans les autres pays pour s’imprégner de ce qui se fait là-bas. Il y a un statut qui est signé mais elles ne veulent pas l’appliquer. Il y a des dockers qui sont partis en retraite sans pension. Lorsque le nouveau DG Adégnon est venu, il a promis de doter les dockers d’un statut. Mais depuis quatre ans, il n’a rien fait. Il faut revoir notre cas puisque ce n’est pas comme ça que les choses se font dans les autres ports », poursuit-il. «Comme nous sommes en grève, nos patrons sont partis prendre d’autres personnes qui travaillent à notre place. Ce n’est pas normal », ajoute-t-il.

Il ressort de ce témoignage que Faure et ses acolytes foulent au pied le droit de grève dans notre pays. L’ultime rôle de Faure Gnassingbé est de nettoyer le port de Lomé de toute velléité syndicale afin de permettre aux barons du régime et aux capitalistes étrangers de continuer leurs superprofits sur le dos des travailleurs.

Face à ces différents mouvements de grève (Tabligbo, Kpémé, Port…) et autres mécontentements populaires; les démocrates doivent contribuer à la formulation des revendications immédiates des divers secteurs économiques en symbiose avec la lutte pour la fin de la dictature du clan Gnassingbé.

Bruxelles, le 13 janvier 2009.

Le Front des Organisations Démocratiques Togolaises en Exil

Site web: www.togoenlutte.org