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Agboyibo, Gnininvi et leurs compères sont prêts à marcher sur les cadavres de notre vaillant peuple.

YawoviAgboyibo537Alors que plus de huit cents de nos compatriotes victimes de massacres de la dictature sont à peine enterrés, et que le sang continue de couler dans tout le pays, au moment où des milliers d’entre eux, hommes, femmes, jeunes et vieux, n’ont d’autre choix que le chemin de l’exil pour échapper aux balles et aux coups de l’armée et de la milice du RPT, nos célèbres opposants, après quelques semaines de protestation, ont pour la énième fois, choisi la voie de la négociation. C’est ainsi qu’ils ont pris le chemin d’Abuja pour aller s’asseoir à la même table que Faure Gnassingbé, la nouvelle calamité nationale, en présence des représentant de la CEDEAO, de l’UA, et sous la supervision d’Obassandjo, le préfet de l’impérialisme international dans la sous région. Le but de cette réunion, selon eux, est de trouver «une solution pacifique à la crise», de «signer un accord politique afin de former un gouvernement de consensus», et après d’«organiser de nouvelles élections».Voilà donc la «solution» que nous proposent nos fameux «opposants», les Agboyibo, Antoine Folly, Gnininvi, Olympio et consorts.

L’indécence d’une telle démarche est évidente.

Que des gens se présentant comme des démocrates, puissent rechercher et prétendre trouver un «consensus» avec un apprenti dictateur, dont les mains sont encore rouges du sang du peuple, c’est un véritable affront pour le peuple qui ne peut que choquer les démocrates et les citoyens honnêtes. Et on est d’autant plus choqué que l’on sait bien que ce n’est pas la première fois que l’on nous propose une «solution» de ce genre, que c’est une vieille chanson que nous entendons depuis près de quinze ans. L’accord cadre de Lomé en juillet 1999, est un exemple parmi d’autres de cette «solution de consensus». On se souvient de tout le tapage dont il fut l’objet. La fameuse «communauté internationale» était présente et avait apporté sa caution; des «facilitateurs» avaient été désignés, qui devaient veiller au bon déroulement des négociations, à l’issue desquelles de nouvelles élections étaient prévues. Bref, le «processus démocratique» était en marche !

L’accord Cadre de juillet 1999 a simplement fait le lit de Faure Gnassingbé !


    Ceux qui avaient osé élever leur voix pour mettre en cause une telle démarche, étaient alors traités de tous les noms. On les accusait de n’y rien comprendre à la situation, d’être peu qualifiés pour donner des leçons de démocratie, loin des réalités et installés dans le confort à l’étranger; c’étaient des diviseurs de l’opposition, des empêcheurs de négocier en paix. .Ce sont les mêmes accusations qui reprennent d’ailleurs aujourd’hui, et toujours par les mêmes auteurs qui décidément, sont prompts à oublier les leçons du passé, et restent aveugles à l’expérience de la vie. Car de toute évidence, et comme il fallait s’y attendre la démocratie n’a pas fait un seul pas de plus, alors que ces tractations étaient le pain béni pour le pouvoir Eyadema, qui y gagnait une nouvelle légitimité c’est-à-dire concrètement, la fin de la remise en cause du hold-up électoral de 1998 et de l’assemblée nationale issue de cette mascarade électorale.

L’autocrate Eyadema pouvait le plus tranquillement au monde, faire procéder, comme on a pu le voir, au «toilettage» et au «dépoussiérage» de la constitution néocoloniale de septembre 1992. Bref, cet accord n’a eu pour résultat que de donner une apparence de légalité aux mauvais coups manigancés par Eyadema pour assurer la pérennité de son pouvoir, et pour préparer sa succession. L’accord de juillet 1999 a simplement fait le lit de Faure Gnassingbé ! L’autocrate Eyadema fut le seul gagnant dans cette affaire, comme d’ailleurs de toutes les négociations que les leaders de l’opposition dite démocratique, ‘’radicale’’ ou non, ont entreprises avec lui. C’est ce que nous voyons depuis l’accord FAR-Pouvoir en mars 1991 en passant par la CNS, Colmar, Ouaga etc. Il n’y a aucune raison que les choses changent avec son fils, lui qui, en quelques jours, a montré qu’il n’a rien à envier à son père en matière de barbarie, de terreur, de mensonge et d’hypocrisie.

La paix des cimetières pour perdurer la dictature

On nous explique que ces négociations et ce consensus doivent conduire à la paix, mettre fin aux violences et permettre le retour des exilés. Mais avec un régime qui, de par sa nature, ne peut supporter ou tolérer aucune opposition ni contestation, comme il vient encore d’en faire la preuve à coups de massacres, le consensus ce n’est ni la fin de la violence, ni la paix, mais rien d’autre que la soumission et le silence du peuple, la paix des cimetières en échange de quelques strapontins pour les leaders de l’opposition. C’est seulement le répit laissé à la dictature pour préparer de nouveaux coups et abattre de nouveau la répression et la terreur sur le peuple. Il en a été ainsi depuis que cette opposition existe: à chaque fois qu’une menace plane sur l’autocratie, elle se précipite pour proposer «sa solution», celle des tractations au sommet, celle du sabotage du mouvement populaire. Le pléthore d’accords qu’elle a signé, ont ainsi, seulement permis à la dictature de gagner quinze années. Le véritable rôle qui lui est assigné, c’est de se constituer en une digue contre le torrent populaire.

Il est clair que des gens qui ont osé déclarer publiquement que le départ d’Eyadema serait pour eux synonyme de vide politique, ou bien qu’ils sont tout aussi disposés à servir les intérêts de l’impérialisme français, ne peuvent pas être considérés comme des ennemis irréductibles de ce régime vomi par le peuple. Ces leaders (Gnininvi, Agboyibo, Antoine Folly, et Cie) ne sont que des adversaires, de simples rivaux du clan Gnassingbé, qui veulent accéder eux aussi au pouvoir néocolonial pour prendre leur part du gâteau.  Ils partagent les mêmes valeurs que ce dernier: Ils ont le même mépris pour le peuple; ils sont tout autant corrompus et corruptibles, assoiffés de gains faciles; tout autant serviles à l’égard de l’impérialisme; ils fréquentent assidûment les chancelleries étrangère et il faut les voir ramper devant les envoyés de Chirac au Togo. Ils poussent leur servilisme jusqu’à remettre en cause l’historique victoire du 27 avril 1958 sur le colonialisme français en réclamant sans aucune honte «un administrateur désigné par l’ONU pour gérer le Togo», et «une force internationale pour les protéger», en somme, la recolonisation pure et simple de notre pays.

Les gesticulations de Gilchrist Olympio

Quant aux gesticulations ridicules de Gilchrist Olympio, qui d’un côté va rencontrer tout seul à Abuja, Faure Gnassingbé, et de l’autre se fend d’un communiqué laconique pour «s’écarter» de ses compères qui sont allés le 27 mai 2005 à la présidence de la République faire allégeance à Faure, le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elles confirment une fois de plus le côté velléitaire du personnage, et illustrent la vanité de ses tentatives pour faire croire qu’il n’est pas comme les autres. Il va sans dire que notre lutte pour la libération ne peut jamais triompher si nous continuons à admettre dans nos rangs, et pire encore, à la tête de nos mouvements, des individus qui en pleine bataille, vont s’asseoir avec l’état-major ennemi pour comploter contre notre peuple. Dans cette situation dramatique, la haine de nos compatriotes en exil et au pays ne cesse de grandir. Mais ils sont aussi de plus en plus nombreux à exprimer leur déception et leur dégoût devant les pratiques avilissantes des leaders de la coalition face à l’autocratie et à la France. Ceci est de bon augure pour le développement d’une véritable force démocratique. En effet, sans une démarcation claire et nette entre les faux démocrates, d’aujourd’hui, regroupés au sein de la coalition, et les démocrates, la dictature a encore de beaux jours devant elle. C’est en s’organisant en dehors et contre les tenants de la coalition que la lutte pourra réellement avancer.

 

Bruxelles, le 30 juin 2005

Le Front des Organisations Démocratiques Togolaises en Exil

 

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