Togoenlutte

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FAUT- IL DESESPÉRER ? NON.

horatioA première vue, la situation qui prévaut chez nous peut inciter au découragement, au désespoir. En effet EYADEMA et son système semblent avoir gagné la partie sur toute la ligne, et les instruments constitutionnels ont été retournés à leur seul profit, même s’il fallait s’y attendre. Ainsi : Ils ont réussi à se constituer une majorité parlementaire officielle, après les dernières élections partielles; La cour constitutionnelle nouvellement mise en place, est entièrement à leur botte; Ils peuvent même se prévaloir de s’être fait confier l’organisation du sommet de l’OUA sur le Zaïre, comme un signe de reconnaissance des instances internationales.

Par ailleurs «les marches et les motions de soutien» ont repris, et les groupes d’«Animation» sont de nouveau en place.

Bref, EYADEMA et ses affidés font tout pour accréditer l’idée que tout est rentré dans l’ordre, que ce qui s’est passé depuis le 5 octobre 1990 n’est qu’une parenthèse regrettable (les fameuses troubles socio-politiques qui seraient à l’origine de tous nos maux), mais désormais fermée. En guise de démonstration, ils n’hésitent pas à montrer en épingle le ralliement de quelques personnalités qui jusque là passaient pour des «opposants farouches radicaux», voire des démocrates. Les cas les plus récents et les plus spétaculaires étant ceux de FREITAS HORATIO et de LAWSON MERLAUD.

Cest tout cela qui exaspère bon nombre de nos compatriotes, qui éprouvent le sentiment de s’être battus pour rien, qui sentent floués, trahis : «cela valait-il la peine de se battre pour en arriver là ?», se demandent beaucoup d’entre eux , qui vont jusqu’à affirmer que «les Togolais ne sont pas dignes de confiance».

Nous pensons pour notre part, qu’IL Y A DES RAISONS D’ESPÉRER, et que NOTRE OPTIMISME EST BIEN FONDÉ.

Réfléchissons un peu: ceux qui prétendent que «les Togolais ne sont pas dignes de confiance» ne seraient-ils pas eux même des Togolais ? Voudraient-ils donc dire qu’eux mêmes ne sont pas dignes de confiance ? Certainement pas.

En fait il s’agit de gens qui s’imaginent, chacun dans son coin, qu’ils sont les plus décidés, les plus honnêtes, et les plus sincères, à l’exception de tous les autres, c’est-à-dire des 4,5 millions de compatriotes, y compris donc ceux qui, par milliers, ont sacrifié leur vie pour la cause de la démocratie. On voit bien que c’est une manière subjective, purement sentimentale de poser ce problème qui après tout un problème politique. Une des grandes leçons de l’expérience de ces dernières années, c’est que la confiance dans la lutte démocratique ne se fonde ni sur l’affinité ethnique ou régionale, , ni sur le copinage, mais sur le partage d’un projet démocratique commun, et sur la pratique. La confiance ne tombe pas du ciel, ni ne se décrète ; elle se mérite.

Une fois ce principe admis, assimilé, on saura désormais faire confiance à bon escient, et l’on ne sera plus surpris, ni ébranlé par le ralliement au pouvoir des FREITAS, LAWSON MERLAUD et autres, parce qu’on aura compris que ces gens n’ont jamais été des démocrates, que de toute façon ils n’avaient point leur place dans le mouvement démocratique, qu’ils ne faisaient d’ailleurs que polluer, et qu’ils sont tout simplement retournés au bercail. On aura compris que ce ne sont pas «tous les Togolais» qui ne sont pas dignes de confiance, mais seulement quelques uns, une minorité. Et on sera mieux armé pour les démasquer.

Alors rien ne nous empêchera plus désormais de nous retrouver, de nous rassembler, de nous unir pour notre cause commune, en toute confiance et sur des bases saines.

C’est d’ailleurs ce qui se passe actuellement. Une chose est certaine: EYADEMA et sa bande auront beau faire, nous ne reviendrons jamais en arrière : RIEN NE SERA PLUS COMME AVANT.

En veut-on une preuve ? Sait-on que pendant tout le mois de décembre dernier, les étudiants de l’U.B. étaient en grève ? Ils exigeaient le versement de leurs bourses et des aides auxquelles ils ont droits. Ainsi, pour les étudiants la grève est devenue une arme de lutte. Et on a alors vu se produire une chose extraodinaire: le gouvernement espérant casser le mouvement, s’est empressé de payer une partie des étudiants. C est en effet de cette manière qu’il procède d’habitude.

Mais cette fois contrairement à son attente, tous les étudiants sont restés solidaires, et ont continué ensemble le mouvement.

Et l’on a entendu de la part d’un élément des forces de répression envoyer contre les étudiants : la réflexion suivante: «ces étudiants ont raison; après tout, ce sont nos enfants, et si on ne leur donne pas leurs bourses, c’est nous, c’est nous leurs parents qu’ils viendront trouver pour nous démander de l’argent. Or, avec ce qu’on nous paye…» Durant tout le mois d’avril, les enseignants vacataires des lycées ont à leur tour mené une grève pour la satisfaction de leur juste revendications.

Ces derniers mois, nous avons vu s’effrondrer comme un château de cartes le régime autocratique de Mobutu, un fidèle allié du régime EYADEMA. Il n’y a aucun doute : il y a de l’espoir. Le feu continue de couver sous la cendre. Veillons à ce que nos ennemis ne viennent plus pour l’éteindre.

 

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