De l’incontournable nécessité de combattre les faux démocrates de l’opposition

KODJO-EDEMNos prises de positions suscitent des réactions diverses chez de nombreux compatriotes qui interviennent sur les sites de la diastode et de togoforum ou par courrier postal, et/ou par courrier électronique (e-mail), soit pour nous approuver soit pour nous critiquer. Les diverses-réactions critiques nous intéressent particulièrement, parce qu’elles permettent de relancer le débat politique. Une de ces interventions-critiques était l’article de notre compatriote Assih Home intutilé: “Les conceptions de L’EXILÉ, des conceptions dangéreuses !”1qui, est une réponse directe à notre analyse “De la nécessité de combattre les faux démocrates de l’opposition”. Usant de notre droit de réponse, voici notre réplique. M. Assih Home, la meilleure preuve de notre «intolérance», c’est que nous avons tenu à reproduire sur notre site web (www.exile-togo.org) votre discours en entier. Ce n’est pas la première fois que nous procédons ainsi. Jetez donc un coup d’œil sur nos publications précédentes. Voyez par exemple nos débats avec Godwin Tété2. C’est donc une habitude chez nous de donner la parole à ceux qui nous critiquent. Pour l’intérêt du débat, comme nous le disions plus haut. Car en démocratie, les problèmes doivent être débattus publiquement. Nous souhaiterions que les vôtres qui, d’après vous, sont des modèles de tolérance fassent de même. Quitte à critiquer nos positions, s’ils en ont les moyens. Pour l’instant, ce n’est pas le cas, au contraire, ce sont ces gens bien «tolérants» qui ont tenté à plusieurs reprises de nous priver de parole, notamment en tentant de détruire notre site internet. Et c’est à nous que vous prêtez l’intention de mettre des gens en «camps de rééducation» ! Où allez-vous donc chercher tout ça ?

Vous nous reprochez donc de traiter de faux démocrates les leaders de l’opposition. Nous allons une fois de plus reprendre vos propos : «l’expression faux démocrates» écrivez-vous, doit être appliquée à quelqu’un qui est contre la démocratie mais se présente comme un de ses partisans. Alors comment peut-on reconnaître un anti-démocrate ? A notre avis, quel que soit son déguisement, qu’il se présente ou non comme un partisan de la démocratie, et indépendamment de l’opinion que nous avons de lui, on ne peut reconnaître un anti-démocrate que, soit par ses actes, soit par des idées qu’il prône. Soit il pose des actes anti-démocratiques, notamment en étant au pouvoir, soit qu’il prône des idées anti-démocratiques. Est-ce actuellement le cas des organisations ou des leaders de l’opposition au régime d’Eyadéma ? est-ce qu’ils s’opposent à l’instauration d’un régime où les citoyens bénéficient de façon égale des libertés publiques fondamentales ? Alors qu’est-ce qui leur vaut ce qualificatif, toutes tendances confondues ?» Nous retenons donc de vos propos, que les leaders de l’oppositions, du moment qu’ils prônent des idées démocratiques, et qu’ils n’ont posé aucun acte anti-démocratique du fait qu’ils ne sont pas au gouvernement, ne doivent pas être traités de faux démocrates. Voyons donc ce qu’il en est dans la réalité à travers l’exemple de quelques leaders.

Des démocrates, ces leaders de l’opposition ?

Agbeyomé Kodjo est l’un de ces leaders qui se disent partisans de la démocratie. Mais c’est un homme qui a servi pendant des années le régime sanguinaire à des postes de responsabilité élevée, dont celui de Premier ministre. A ce niveau, on ne peut pas soutenir qu’il ne savait pas ce qu’il faisait. Il est donc responsable lui aussi de la politique d’embrigadement des masses, et des atrocités dont ce régime s’est rendu responsable: arrestations et détentions arbitraires, assassinats, massacres. A moins bien entendu de supposer qu’Eyadéma a fait tout cela tout seul. Bref c’est un homme qui a du sang des Togolais sur les mains. Et c’est cet homme qui un beau jour, ô miracle,  découvre les «idées démocratiques», en même temps que Péré, un autre grand ponte du régime.. Mais curieusement, malgré sa «découverte des idées démocratiques», Agbeyomé continue de se glorifier de son passé de militant du RPT dont dit-il «l’idéologie et le programme répondaient aux exigences de développement de notre pays»3 (..). Voilà ce qu’il affirmait encore en 2002 ! Ce  «grand démocrate» n’admet donc toujours pas que le RPT qu’il a servi est, a été par nature l’ennemi «d’un régime où les citoyens bénéficient de façon égale des libertés fondamentales». Une manière de se moquer de ceux qui ont toujours combattu ce régime, au péril de leur liberté et parfois de leur vie. Que valent donc les idées démocratiques prônées par un tel homme? En tout cas, l’avenir nous dira si cette «conversion» d’Agbeyomé et Péré n’est pas simplement le résultat d’une querelle de palais, voire d’une querelle de succession .agbe

Prenons l’exemple de cet autre «grand démocrate» Edem Kodjo, que sans doute vous ne souhaitez pas voir traité de faux démocrate. Edem Kodjo est un des membres fondateurs du RPT, un des auteurs du «Livre Vert», un ancien premier ministre lui aussi. Par la suite, il a été écarté du pouvoir, non pas du tout parce qu’il s’opposait au système du RPT, mais parce qu’il se posait en rival d’Eyadéma. Les «idées démocratiques» ne sont venues qu’après son éviction, ce qui est bien facile. Mais voyons dans la pratique quelle valeur il attache à ces idées.

En février 1994, les partis d’opposition, le CAR et l’UTD remportent les élections législatives. Dans votre logique de la démocratie par la négociation et par les urnes, c’est la victoire électorale qui doit offrir aux partis d’opposition l’occasion d’instaurer la démocratie, en votant des lois de transformations démocratiques. Vous devez donc admettre qu’il suffisait aux deux partis de s’unir pour former une majorité dans l’assemblée et voter ces lois.(que ce changement démocratique cela soit réalisable ou non, dans ces conditions, c’est une autre histoire). Mais c’est à ce moment qu’ Edem Kodjo proclame que son parti (qui n’avait que 7 élus) est un «parti charnière», et intrigue pour se faire nommer Premier ministre, en lieu et place d’Agboyibo. Vous devez donc reconnaître que se faisant, il a empêché l’opposition de former cette majorité gouvernementale, et qui ne pouvait qu’arranger l’autocrate Eyadéma. Que pensez-vous donc du comportement d’un homme qui refuse d’appliquer un principe dont il est l’un des plus grands chantres ? Que c’était une manière de défendre les idées démocratiques, de faciliter l’instauration d’un régime «où les citoyens bénéficient de façon égale des libertés fondamentales» ?

Terminons par l’exemple d’Agboyibo, un autre injustement accusé selon vous, de faux démocrate. Nous espérons que vous avez lu au moins son «Combat pour un Togo démocratique», le livre qu’il a publié en 1999. Nous nous sommes donné cette peine pour ce qui nous concerne, et nous nous sommes même permis d’en faire le commentaire4. C’est en effet la moindre des choses que de ne parler de quelque chose qu’en connaissance de cause.

Dans son ouvrage, Agboyibo reconnaît ouvertement que ce sont des questions de chefferie, et non une quelconque aspiration à la démocratie, qui l’ont conduit à la politique. Il s’enorgueillit même d’avoir été l’homme qu’Eyadéma consultait, l’homme qui donnait à Eyadéma les meilleurs conseils malgré l’entourage de ce derniers. Comme nous l’affirmions, cet homme «a mis au service de l’autocrate, son talent, ses connaissances juridiques, son statut d’«indépendant», volant au secours de ce dernier, chaque fois que celui-ci a besoin de lui pour amadouer les masses..». Nous vous renvoyons à l’affaire de Kouvé, à la création de la CNDH, quand le pouvoir, en butte à de nombreuses critiques et dans le collimateur des organisations humanitaires internationales, a eu besoin de «son» organisation des «droits de l’homme»..

Mais il y a plus. Agobyibo est le fondateur du CAR, un de ces partis de l’opposition qui selon vous prônent les «idées démocratiques». Seulement, Comme nous l’avons remarqué à plusieurs reprises, quand il vient en Europe, ce n’est pas du tout les sections de son parti qu’il songe à rencontrer, ne serait-ce que pour s’enquérir de leur état. Les seuls compatriotes auxquels il s’intéresse au cours de ses visites, sont les membres de sa famille et les originaires de sa région. Agboyibo ne croit donc même pas dans le parti qu’il a lui-même créé ! C’est d’abord et avant tout «un fieffé régionaliste». Au même titre qu’Eyadéma, et ceci est incompatible avec l’idée de démocratie.

Des événement récents viennent une fois de plus de jeter une lumière crue sur la véritable nature d’ Agboyibo. Il vient en effet de jouer ses compères un tour qui n’a pas fini de faire des vagues au sein de la CFD, le nouveau «front» qui vient à peine de naître. Foulant aux pieds les dispositions de la CFD, mettant celle-ci devant le fait accompli, le voilà qui envoie une liste de noms à la CENI, alors que cet organisme a été justement dépouillé de toutes ses prérogatives. C’est à l’évidence une manière de légitimer d’avance la prochaine mascarade électorale, une manière de donner une fois de plus un coup de main à l’autocratie, tout comme Edem Kodjo l’avait fait avec son « parti charnière». Du reste, cette façon de violer de manière éhontée, de piétiner un accord établi, ne vous rappelle-t-elle pas la façon de faire d’Eyadéma ? Drôle de manière de défendre «les idées démocratiques».

En tout cas, nous ne sommes pas surpris de rencontrer des compatriotes de plus en plus nombreux qui traitent désormais ces deux leaders d’«alliés objectifs» d’Eyadéma . Et de constater que ces compatriotes ne sont pas toujours des membres de L’EXILÉ. Ainsi, contrairement à ce que vous laissez croire, ce n’est pas seulement en accédant au pouvoir qu’on peut poser des actes anti-démocratiques. A l’heure actuelle, tout le monde parle de démocratie, d’état de droit . C’est devenu très banal. Et c’est justement pour cela que les démocrates se doivent d’être vigilants pour savoir distinguer, derrière les discours, le vrai démocrate du faux. Et cela est possible. Il n’y a pas seulement le parcours politique de chacun. Il y a aussi des principes et des pratiques dont l’application ou non permet de distinguer le vrai démocrate du faux, qu’ils soient ou non au gouvernement.

Les partis de l’opposition : de simples copies du RPT, le discours «démocratique» en plus

Prenons un exemple. Les dirigeants d’une organisation véritablement démocratique agissent conformément à la ligne politique définie par celle-ci. Cette ligne étant le résultat de débats collectifs dans ses diverses instances. Par ailleurs, ces dirigeants rendent compte de leurs activités à leur base, qui doit juger de la conformité des actes avec la ligne générale. De même, une organisation réellement démocratique se caractérise par un souci permanent d’informer la population de ses prises de position. Par rapport à ce principe, nous vous posons les questions la suivantes: quelle instance de l’UTD a décidé, et à travers quelle résolution, que l’UTD devenait un «parti charnière», c’est-à-dire un allié ouvert du RPT ?Agboyibo-autocrate

Ce revirement a-t-il été expliqué à la population, et de quelle manière, avec quels arguments ? La réponse, nous ne la connaissons que trop bien: Edem Kodjo a décidé cela tout seul, en s’appuyant sur la clique qui gravite autour de lui. Puis il a de nouveau décidé tout seul de retourner à l’opposition, une fois qu’il n’est plus au gouvernement. Tout cela sans aucune explication, et nous savons pourquoi: à l’UTD, c’est l’ambition personnelle d’Edem Kodjo qui définit la ligne politique. Les «idées démocratiques» ne servent que de couverture et d’alibi. Nous avons d’ailleurs eu l’occasion de monter que les partis de l’opposition dans leur fonctionnement, ne sont qu’une copie du RPT. C’est sur la base de ces faits, que nous affirmons que l’UTD et son dirigeant n’ont rien à voir avec la démocratie. Si affirmer cela c’est faire preuve d’intolérance, alors nous revendiquons notre intolérance.

Cette remarque vaut pour les autres leaders. Ils se ressemblent tous, et c’est pour cela qu’ils font preuve de tolérance à l’égard des turpitudes et des entourloupes des uns et des autres.. Les magouilles de Edem Kodjo, ne l’ont pas empêché de se retrouver par la suite à la tête de la CPP, puis dans la CFD. Les magouilles actuelles d’Agboyibo ne lui ont rien coûté, en dehors de quelques protestations et du départ de l’UFC. Mais il ne fait aucun doute que demain, il se retrouvera avec les autres leaders au sein d’un quelconque «front ou coordination», et que tout recommencera comme avant, en attendant les prochaines magouilles.. Tant il est vrai que ces regroupements de partis ne sont que des paniers à crabes, sans aucun rapport avec la lutte pour la démocratie.

Lisez ou relisez donc notre plate-forme

Votre discours nous donne l’impression de quelqu’un qui ignore notre plate-forme (Qui Sommes-nous), que nous faisons pourtant figurer dans tous nos bulletins, ou du moins de quelqu’un qui l’a mal lue.. Nous vous y renvoyons, car nous sommes persuadés que cela peut vous éviter des jugements aussi simplistes à note égard. Nous allons même, pour votre édification en rappeler quelques passages qui résument notre organisation.

- «Le Togo est une néo-colonie, dominée par l’impérialisme, c’est-à-dire les puissances occidentales et particulièrement la France. C’est la France qui permet à la dictature autocratique de se maintenir ; la France et les puissances occidentales sont des ennemies de notre démocratie;

- « La recherche de compromis avec l’autocratie, sous quelque forme que ce soit, (tables rondes, conférence nationale souveraine, CPS etc.) a seulement pour conséquence de susciter des illusions, de retarder la prise de conscience du peuple et par là sa mobilisation et son organisation pour la lutte.. De telles démarches constituent donc un obstacle au processus démocratique »

- «L’EXILE rejette donc tous les partis, organisations de personnalités dits de l’opposition qui prônent cette politique et y participent. Il considère ces personnalités comme de simples rivaux, désireux d’accéder au pouvoir pour partager le gâteau avec le clan Eyadéma, et non des combattants de la démocratie»…

- «Le débat politique est une manifestation caractéristique du mouvement démocratique. En effet, seules les discussions, les confrontations d’idées permettent une adhésion consciente et non aveugle, et c’est là le propre de la pratique véritablement démocratique. Les débats participent à l’indispensable travail de clarification, parce qu’ils donnent à ceux qui se trompent l’occasion de se corriger ;

- «Nous ne sommes pas de ceux qui croient que toutes les opinions se valent et peuvent cohabiter en toute harmonie. Une telle conception relève tout simplement du manque de conviction, de l’opportunisme ; elle est le propre de ceux qui mangent à tous les râteliers. Nous sommes persuadés au contraire, qu’il y a des positions des attitudes, et des pratiques qui font avancer le processus démocratique, des attitudes et des pratiques qui le retardent. Nous pensons de notre devoir d’encourager les premières et de combattre les secondes.”

Si vous aviez étudié cette plate-forme comme il faut, vous auriez compris que notre attitude n’est que l’application celle-ci et c’est elle que vous auriez commencé par critiquée. A moins que vous en soyez incapable .

Le véritable point de divergence que nous avons avec vous !

Voulez-vous un exemple ? Nous affirmons dans notre plate-forme que la France impérialiste est ennemie de notre démocratie. L’opposition considère quant à elle que la France est une puissance amie. Oseriez-vous prétendre qu’il s’agit seulement d’une simple divergence d’opinion, dont on pourrait débattre tranquillement entre «démocrates» dans le respect de l’expression démocratique ? Il ne peut s’agir de cela, car le fait de considérer la France comme un amie ou un ennemie, induit des attitudes qui peuvent faire avancer ou au contraire retarder la lutte pour la démocratie.

On vient encore d’en avoir la preuve: ceux pour qui la France est une «puissance amie», sont ceux-là qui comptent sur l’appui de la France pour établir la démocratie chez nous. Ce sont eux qui, depuis juillet 1999 jusqu’à la mascarade électorale d’octobre 2002, en signant l’accord-cadre Lomé, et en acceptant de participer au CPS, ont fondé toute leur conduite politique sur la promesse d’Eyadema d’organiser des élections législatives anticipées en mars 2000, et de ne pas briguer un troisième mandat, et sur la caution que Jacques Chirac apportait à cette promesse. Il n’était pas difficile de prévoir le résultat de cette politique, et tous les lecteurs de notre journal sont témoins des mises en garde que nous avons cessé de multiplier. Alors, n’a-t-on pas le droit de dire, de ceux qui traitent la France de «puissance amie» qu’ils trompent le peuple ? Et n’est-ce pas juste de traiter de faux démocrates ceux qui parlent de démocratie mais trompent le peuple ? Faire preuve de tolérance à l’égard de faux démocrates, n’est-ce pas plutôt se faire leurs complices ? Telle est la véritable question.

Vous voulez présenter la situation comme s’il s’agissait d’une question de divergences entre démocrates sur les voies et moyens pour accéder à la démocratie, une manifestation de l’expression démocratique. Si c’était le cas, comme vous le proclamez, alors il y aurait quelque raison à juger notre attitude envers eux d’intolérante. Mais le problème n’est pas là, Le véritable point de divergence que nous avons avec vous, c’est que vous considérez comme acquis, sur la base de leurs seules proclamations, que ces leaders sont des démocrates; vous vous aveuglez et vous aplatissez devant ces gens dont le parcours et les pratiques démontrent qu’ils n’ont rien à voir avec la démocratie, que ce sont des anti-démocrates déguisés en démocrates. Qu’ils prônent par ailleurs la démocratie par la négociation, ce n’est là qu’une conséquence logique liée à leur nature.

C’est dire que, contrairement à ce que vous laissez croire, nous ne faisons pas de tous ceux qui se disent partisans de la démocratie par les négociations des ennemis. Sur cette question, nous faisons toujours une différence entre les directions des partis se réclamant de l’opposition, et la masse de nos compatriotes. Nous sommes bien conscients que les gens n’ont pas la même faculté d’analyse, ni la même vitesse de compréhension. Nous connaissons les ravages qu’ont pu causer sur la conscience de notre peuple plus de 30 ans de régime Eyadéma . Par conséquent, nous admettons que des compatriotes puissent croire sincèrement à la possibilité d’un changement démocratique par la négociation. Avec ceux là nous pouvons débattre volontiers, échanger arguments contre arguments. Pas avec les leaders de l’opposition, les véritables responsables de la situation dramatique que nous vivons depuis douze (12) ans.

Tout cela vous le trouverez dans notre plate-forme.

 

 

Organisation Démocratique des Exilés Togolais (L’EXILÉ).

2 Cf, le journal L’EXILÉ N°22 - Juin 2003-

3Il est temps d’espérer

4 Cf, L’EXILÉ N°15