CLAUDE AMEGANVI AU TOGO : LE RETOUR DE L’ENFANT PRODIGUE

ameganvi-claudeC’est avec une grande indignation que les exilés togolais ont appris le retour du premier togolais de l’OTTD Mr Claude Ameganvi à Lomé le 5 novembre dernier. Le lendemain le 6 novembre 97, il a organisé une conférence au restaurant La Pirogue. Il a fait comprendre à son auditoire, qu’il a jugé bon après six ans d’exil de revenir au bercail, afin de participer à la restauration de la ‘‘paix civile ’’. Plus loin, il déclare que les conditions de sécurité sont suffisamment réunies pour que les acteurs politiques exilés rentrent pour participer à la reconstruction du Togo ‘cf: Eveil du peuple n° 174 du 7 au 13 novembre 1997 ’’. Les compatriotes exilés qui ont suivi pendant des années Mr Claude Ameganvi quand il se profilait dans le temps comme démocrate dit ‘‘radicale ’’ avant, pendant, et après la conférence nationale dite ‘‘souveraine ’’ ne savent plus quoi dire pour répondre à cet acte politique que ce dernier vient de poser. Pour les plus fanatiques ‘‘ce sont les imbéciles qui ne changent pas’’, pour d’autres il s’agit d’une véritable ‘‘trahison’’.

Pour notre part nous pensons qu’il vaut mieux chercher le fil conducteur qui a amené Mr Claude Ameganvi à rentrer. Pour nous demander, s’il s’agit vraiment d’une ‘‘trahison’’ ou s’il s’agit de sa pratique normale.

De ses positions au lendemain du 5 octobre 1990 à la conférence nationale dite ‘‘souveraine’’ ; de son départ en exil à son retour au pays, il s’est caractérisé par des pratiques velléitaires, des positions sans cesse changeantes et vacillantes et qu’à première vue on a de la peine à le suivre à travers ses méandres. Mais si on prend le temps d’analyser, on verra qu’il n’est pas différent des faux amis du peuple, mais contrairement à eux ils se cache derrière des phrases ‘‘radicales’’. Ainsi au lendemain de la glorieuse journée du 5 octobre 90, voici ce que Mr Claude Ameganvi écrivait dans ‘‘Nyawo’’

* ‘‘Ils doivent rendre compte’’

* ‘‘Ils doivent partir’’

* ‘‘Pour les élections libres à une assemblée constituante souveraine’’.

*Pour des Etats ‘‘Généraux du Peuple’’.

Pour l’OTTD et son leader ‘‘ces Etats généraux du peuple seront composés de délégués des organisations des comités de travaileurs, paysans, jeunes, etc…’’. Plus loin, car l’expérience a montré que les assemblées communément appelées ‘‘conférences nationales’’ regroupant les victimes et les bourreaux initiés depuis la présidence de la république française pour tenter de venir à bout des crises ouvertes un peu partout sur le continent africain, pour l’essentiel, n’ont permis que de conserver les anciens hommes à la tête des états…’’.

Quelques mois après ces belles phrases ‘‘révolutionaires’’, Mr Claude Ameganvi et son parti n’ont pas attendu longtemps pour se coucher devant les faux amis du peuple regroupés au sein du FOD et COD I, en se pointant à cette conférence nationale dite ‘‘souveraine’’ qu’ils dénonçaient auparavant et sans prendre la peine d’expliquer ce changement d’attitude. Il se trouvait en compagnie d’autres ‘‘radicaux’’ comme lui tel Tavio Amorin, Aïdam, Antoine Foly. Le rôle de ses ‘‘radicaux’’ étaient de faire des dénonciations verbales, simple dérivatif, sans conséquence pour l’autocratie.

En exil, Mr Claude Ameganvi ne cesait d’affirmer qu’il était recherché au Togo, et qu’il a collaboré à l’édition du livre intitulé ‘‘stratégie de la terreur’’, qui dénonce les pratiques de terreur du pouvoir autocratique.

Quatre années plus tard, Mr Claude Ameganvi prétend que les conditions de sécurité sont suffisamment réunies pour que tous les acteurs politiques rentrent afin de participer à la reconstruction du Togo et à la restauration d’une ‘‘paix civile’’ et il nous propose de rentrer et d’aller rétablir la ‘‘paix civile’’. Mais comme de toute façon le pouvoir continue à reprimer à terroriser, (nous pouvons donner plusieurs exemples : agression d’un chef de parti à Bafilo et à Lomé les assassinats et kidnapping qui sont devenus très pratiques courantes.), cette ‘paix civile’’ ne peut effectivement régner que si le Peuple s’abstient de riposter face à la violence de l’autocratie ; s’il accepte de se soumettre sans broncher ; Est-ce alors si différent de ce que nous avons connu avant le 5 octobre 90, quand le Peuple semblait se résigner et qu’on parlait alors du Togo comme la ‘‘Suisse africaine’’ ? Quand l’autocrate régnait en maître ?

Bref : La ‘‘paix civile’’ que Mr Claude Ameganvi nous propose n’est ni plus ni moins que le Togo d’avant le 5 octobre 90.

En ce qui nous concerne, nous qui sommes en exil, nous voulons poser une question à Mr Claude Ameganvi. Est-ce qu’on peut rentrer alors que ceux qui nous ont chassés, nos bourreaux sont toujours en place ? Ces bourreaux auraient-ils changé de nature ? Et pour la plupart d’entre nous une interogation hante notre esprit : quel prix a-t-il payé pour rentrer ?