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LES LEADERS DE L’OPPOSITION: POUR LA DEMOCRATIE, ATTENDONS LE BON VOULOIR DU TYRAN EYADEMA

gilchrist olympioIl y a déjà plus de deux (2) ans, Jacques Chirac, alors en visite chez nous au Togo, avait alors apporté la «grande nouvelle»: Eyadéma promettait des élections législatives pour mars 2000, et son départ définitif en 2003. Les leaders de l’opposition qui, toute honte bue, étaient allés en rang dispersés à la rencontre du président français, avaient alors fait de la promesse de l’autocrate, de la caution de Chirac et des magouilles des ‘’facilitateurs", la base de leur conduite et de leurs activités politiques, la ligne sur laquelle ils se sont efforcés d’entraîner le peuple ces derniers temps. Oubliant déjà le hold-up électoral et les multiples leçons de 1998 qui en ont découlé, plus électoralistes que jamais, ils laissaient entendre que cette fois-ci serait la bonne.  Il suffirait, d’après eux, de veiller à la mise en place, dans de bonnes conditions, de la CENI, de se mobiliser à propos de la révision de listes électorale.  Et à coup sûr, la démocratie allait cette fois-ci sortir des urnes. D’ailleurs, avant même que n’arrive l’échéance de 2003, Eyadéma, certainement battu aux élections législatives serait déjà considérablement affaibli. On pourrait peut-être déjà l’acculer à la démission.

Mais l’année 2001 s’achève, et pas la moindre élection à l’horizon ! Pas même les élections législatives pourtant promises pour mars 2000 ! Celles-ci, fixées à un moment au 14 octobre 2001, ont été finalement reportées «à une date ultérieure». Et la CENI, laborieusement mise en place, manquant paraît-il de fonds. En fait, elle n’est jamais devenue réellement opérationnelle. Pour couronner le tout, voici que se joue depuis quelques mois sur la scène politique, un jeu étrange dont les protagonistes ne sont rien d’autres qu’Eyadéma et ses sous-fifres. C’est Abgeyomé, appuyé par Natchaba, qui se déclare favorable à une révision de la constitution; ceci permettrait à Eyadéma de briguer un troisième mandat présidentiel. L’autocrate, lui, fait semblant de contredire ses affidés, se déclarant «légaliste», donc opposé à toute révision. Scénario bien connu, aussi vieux que le régime lui-même, dont l’objectif réel est seulement de tester la réaction populaire. D’ailleurs, quand on voit la répression que mène actuellement le gouvernement, sa volonté d’intimider ses rivaux, on peut savoir ce que sera la suite.

Il se confirme ainsi une fois de plus, que le seul résultat auquel peut aboutir la politique de conciliation, avec ou sans «facilitateurs», c’est le maintien de l’autocrate ; c’est la même politique d’oppression et de répression mais avec des alibis «démocratiques». L’EXILÉ a donc bien raison de dénoncer cette politique, n’en déplaise à ceux qui nous accusent de «diviser l’opposition» ou de «vouloir la diviser». Ainsi, une fois de plus, les leaders de l’opposition n’ont fait qu’entretenir des illusions. Voilà plus de dix ans que cela dure ! Depuis la «conférence nationale souveraine», c’est toujours le même scénario: chaque fois la fin du régime est annoncée à cor et à cri, le peuple est invité à participer au processus électoral, sous prétexte qu’il ne faut pas laisser tout le terrain à Eyadéma et à ses acolytes, mais c’est la même situation que le peuple retrouve à l’arrivée. Mais il ne leur viendra jamais l’idée de se remettre en question , de s’expliquer devant le peuple. Ce n’est pas de leurs habitudes depuis la conférence nationale, dont ils répétaient au peuple à l’époque qu’elle allait conduire au départ d’Eyadéma. Cette fois encore ils attendront, simplement qu’Eyadéma et des «puissances amies» prennent une autre initiative, et alors ils vont s’y accrocher fermement de nouveau. En somme, la seule solution qu’ils offrent au peuple, c’est de faire preuve de patience en attendant qu’un jour Eyadéma veuille bien nous octroyer la démocratie.

En fait un tel comportement ne nous surprend plus à L’EXILÉ qui, a compris très tôt que l’objectif de ces leaders (Agboyibo, Gnininvi, Olympio, Ayéva, Edem Kodjo et cie) n’est pas la lutte résolue contre l’autocratie. Pour cela, ils n’ont que deux voies :soit le coup d’Etat, soit la négociation. Le coup d’Etat leur paraissant impossible, il ne leur reste donc que la voie de la conciliation et du compromis. Voilà pourquoi il ne faut pas s’attendre que ces leaders changent de ligne de conduite. Pour ce qui concerne L’EXILÉ, sa position sur ces élections est déjà bien connue. Il l’a affirmée dans ses toutes premières publications et l’a toujours réaffirmée et confirmée lors de tous les scrutins qui se sont déroulés depuis son existence .

Pour notre organisation, il est désormais bien clair que la démocratie ne sortira jamais d’un compromis avec le pouvoir autocratique, et que les leaders de l’opposition n’incarnent pas les aspirations légitimes du peuple. D’ailleurs dans ses prochaines publications, L’EXILÉ présentera les grandes lignes de ses réflexions sur ce qu’il entend par changement démocratique, et ce en quoi ce changement n’a aucun rapport avec les objectifs de leaders de l’opposition dite démocratique. Alors l’ indifférence totale de notre organisation sera cernée devant ces reports successifs des élections et pourqoui ce cirque électoral n’a aucune importance dans le processus démocratique. Pour nous à L’EXILÉ, la voie choisie par la jeunesse pour exprimer ses légitimes aspirations reste plus que jamais actualité. Nous organiser, nous mobiliser pour un 5 Octobre mieux réussi, telle reste l’exigence de l’heure.

EDITORIAL PARU DANS LE JOURNAL L’EXILÉ NUMERO 15

 

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