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L’ORGANISATION ET LA LUTTE SONT LES SEULES VOIES POUR CONQUERIR LA DEMOCRATIE !

 

PCT-logoDepuis plus d’un mois le peuple togolais est  de nouveau descendu massivement  dans la rue. Depuis plus d’un  mois les masses populaires, coude à coude, sur toute l’étendue de notre pays, toutes ethnies confondues, avec un  courage inouï, une détermination admirable, affrontent ce pouvoir et la répression barbare  à laquelle ce dernier n’hésite pas à recourir : tabassages, tirs à balles réelles, violation de domicile à la poursuite des manifestants... (Le nombre élevé des blessés et des arrestations, outre les deux morts officiels, témoigne de la violence réactionnaire des affrontements). Il est vrai que c’est à partir des revendications sur les réformes constitutionnelles sur le retour à la constitution de 1992, à l’élection présidentielle à deux tours, à la limitation du nombre des mandats présidentielles etc. que le mouvement actuel a démarré, à l’initiative de  Tikpi Salifou Atchadam, le leader du Parti national panafricain (PNP). Mais très vite cette revendication est apparue dépassée; maintenant ce que le peuple exige clairement et sans ambages,  c’est le départ de Faure Gnassingbé.

La détermination, le courage dont font preuve les masses populaires face à la répression, sont à la mesure  de leur ressentiment, du dégoût et du raz le bol  qu’elles  éprouvent à l’égard  de ce régime oppresseur et prédateur honni: le peuple n’en veut plus, et  ils sont de plus en plus nombreux à le dire ouvertement obligeant ainsi de ce fait  les Jean-Pierre Fabre et consorts à les suivre de gré ou de force. En effet, cette attitude actuelle est aussi une juste réaction face aux nombreuses déceptions que le peuple éprouve à l’endroit de ces faux démocrates qui n’ont cessé de trahir sa confiance et les  justes et légitimes  aspirations qu’il n’a cessé d’exprimer ouvertement depuis 1990.

Cette suite de trahisons a, en effet, commencé avec le glorieux soulèvement d’octobre 1990. Le peuple exigeait alors sans détours le départ de l’autocrate Eyadema.  Ce sont ces faux démocrates, dont certains osaient même prétendre que le départ d’Eyadema créerait «un vide politique», qui ont réussi à lui imposer  l’idée de  la démocratie par la négociation et par la conciliation, cette idée maléfique qui nie la nécessité de la lutte populaire pour la conquête de la liberté et la démocratie, et   dont nous subissons encore les conséquences aujourd’hui. Lorsqu’en mars 1991, le peuple se préparait à déclencher une grève générale illimitée, un contre-feu a été aussitôt allumé avec l’apparition du FAR d’Agboyibo et l’annonce d’une rencontre imminente gouvernement-opposition.

 Les plus grands bénéficiaires de ces tractations furent le pouvoir autocratique, qui conjurait ainsi la menace de la reprise du mouvement populaire, mais aussi les faux démocrates tels un Agboyibo qui pouvaient ainsi affirmer leur position de leader sur la scène politique. Il  en fut de même de la «conférence nationale souveraine» que l’on fit passer pour la voie idéale d’une transition démocratique. Le résultat ce fut le putsch de décembre, accompagné de nouveaux massacre. La principale victime, c’était le peuple.

Passons sur la grève générale illimitée  non préparée, non organisée et sans objectif politique bien définie et qui pour cela fut  cause d’atroces souffrances, tandis que les  faux démocrates continuaient à «dialoguer» avec le pouvoir autocratique.

Venons-en à l’élection présidentielle de 2003 

Cette élection nous le rappelons, est intervenue alors  que quelques mois à peine auparavant (le 30 décembre 2002)  le pouvoir venait de «nettoyer» de «toiletter»  de «dépoussiérer », en d’autres termes, de tripatouiller  la constitution  de 1992 que les faux démocrates brandissent aujourd’hui comme objet de revendication. Ce tripatouillage avait eu lieu en violation  de l’accord cadre de Lomé (juillet 1999), de la propre promesse de l’autocrate et des assurances données par Chirac ! C’était  donc un double affront qu’Eyadema et son maître infligeaient à ces faux amis du peuple !   Mais en valets de l’impérialisme qu’ils sont,  ils ont fait le dos rond et n’ont  pas hésité à se  précipiter pour participer à ce  scrutin présidentiel de 2003,  d’ailleurs en ordre dispersé. Car tous tenaient à se présenter et ils ont donc sans aucune honte  à mis  une sourdine à  leurs protestations et  à leurs  revendications sur le retour à la constitution de 1992.

 L’UFC, représentant d’une prétendue «opposition radicale» n’est pas demeurée en reste.  La Cours constitutionnelle s’avise-t-elle d’invalider  le candidat Gilchrist Olympio, «l’opposant historique, radical» ?  Bob Akitani le remplace au pied levé ! Dans une réponse à une question d’un  journaliste sur la candidature unique, Bob Akitani a été amené à aborder la question du scrutin.  Les explications qu’il a données montrent bien que ce n’était pas du tout la violation de la constitution de 1992 et du code électoral, qui était l’objet principal de sa  préoccupation,  mais seulement la fraude: «En fait la question du candidat unique n’est pas le vrai problème», dit-il. «La mobilisation du peuple sur le départ du dictateur  suffit. Il y a la question du scrutin uninominal. Un scrutin à deux tours aurait simplifié le problème, mais même avec ce scrutin-là, nous sommes persuadés qu’une campagne bien faite, dans les conditions acceptables, nous ferait gagner. Parce que si tout a été ficelé pour tricher, un candidat unique en face d’Eyadema ne pourrait rien faire».

Une fois de plus les faux démocrates avaient trahi la confiance du peuple.

Mais le  plus grave était encore à venir. Lorsqu’en février 2005, à  la mort de l’autocrate Eyadema, les militaires fomentent un coup d’Etat et imposent Faure au pouvoir, ces putschistes ne se sont pas contentés d’une simple manipulation constitutionnelle à l’instar du «toilettage de 2002»; ils ont commis un  crime d’Etat   reconnu comme  tel par la constitution de 1992, et même par celle «toilettée». Beaucoup de nos compatriotes qui réclament le retour à la constitution de 1992, ne semblent pas l’avoir entièrement lue; ils se focalisent ainsi sur les articles relatifs au nombre et à la durée des mandats présidentiels et c’est surtout ce qui intéressent les faux démocrates; ils oublient l’article 148 qui dispose que : «Toute tentative de renversement du régime par le personnel des forces armées ou de sécurité publique ou par tout individu ou groupe d’individus est considéré comme un crime imprescriptible contre la nation et sanctionné conformément aux lois de la République». Faure était (et est toujours) un criminel d’Etat, acteur et bénéficiaire d’un crime imprescriptible, qui par ailleurs a causé des centaines de victimes. Il ne pouvait pas y avoir de dialogue, de négociation surtout si l’on se réclame de la démocratie.

 Mais les Gilchrist Olympio, les Jean Pierre Fabre, les Agboyibo,  etc. n’avaient que faire de ces principes élémentaires de la morale démocratique. ils  ont vite fait d’oublier «le crime imprescriptible», et les centaines de nos compatriotes massacrés;  ils se sont lancés avec frénésie dans les négociations, tous azimuts,  se livrant même sans aucune honte à de sordides  querelles de chiffonniers sur des questions de préséances, on les a vus  avec  dégoût courir de négociations en négociations dans de  sordides tractations à Ouaga,  à Abuja à Libreville, On les a vus avec dégoût cautionner la manœuvre crapuleuse des députés aux ordres faisant passer Faure du poste de ministre à celui de député, puis à celui de  président de l’Assemblée nationale pour lui permettre d’être président provisoire.  Le moins qu’on puisse dire c’est que les faux démocrates pendant tout ce temps avaient  oublié la constitution de 1992 cette fois encore.

Nous connaissons l’alibi qu’ils  avancent pour justifier leur attitude  éhontée face à Faure et à ses complices de la «communauté internationale»: c’est l’Accord politique global (APG) signé en août 2006.  Cet accord était   censé  œuvrer pour de bon à l’application des réformes. L’opposition dite démocratique  laisse entendre que c’est un grand pas et un aboutissement de sa politique de négociation. Mais cette prétendue réforme n’est jamais venue. On a pu seulement remarquer entre-temps que certains ont pu tirer leur épingle du jeu: qu’un Agboyibo   a pu accéder au poste de premier ministre, qu’un Gnininvi et un Adimado Aduayome ont pu être ministres: c’est nous explique-t-on, pour  «veiller à l’application de l’APG». Mais voyons !

Cet accord n’a jamais vu le soupçon du début de son application ! La réalité, c’est  que ce  n’était qu’un bluff de plus, un coup monté contre les aspirations du peuple et pour calmer sa juste colère,  avec l’assentiment et la complicité des faux démocrates, un bluff dont certains en ont même su tirer un profit non négligeable ! Le peuple une fois de plus était floué.

Lors du scrutin de 2015 c’est de manière encore plus cynique qu’ils ont une fois de plus enterré les revendications sur le retour à la constitution de 1992  Ils avaient commencé par mettre en avant le slogan «pas de réformes pas d’élection»; puis brusquement, les voilà qui opérèrent un virage à 180 degrés,  et qui commencent à dire le contraire de ce qu’ils disaient la veille, et qui  nous expliquent, qu’il faut participer à l’élection «pour ne pas laisser un boulevard à Faure» ! le changement était si soudain,  l’explication si boiteuse, la mauvaise foi si évidente, qu’il n’était pas difficile de deviner que Fabre et ses compères obéissaient à des  consignes  venues d’ailleurs: sans doute selon ces consignes,  il devait amener l’ANC à participer au scrutin pour servir de faire valoir à Faure; il lui fallait donc enterrer une fois de plus les  revendications relatives à la constitution de 1992 et aux réformes constitutionnelles et institutionnelles et c’est ce  qu’il a fait. Il est vrai que maintenant Fabre peut se parer de son titre de «chef de file de l’opposition» que lui a si généreusement octroyé  ce pouvoir régi par la constitution «toilettée» et  qu’il prétend combattre. C’est bien là le signe d’une complicité indéniable.

En résumé, ces faux démocrates n’ont pas toujours montré un attachement indéfectible aux revendications sur les réformes constitutionnelles et institutionnelles et sur le retour à la constitution de 1992. Il est vrai qu’ils peuvent se justifier en rappelant les marches  qu’ils ont organisées à ce sujet,  mais cela ne les a  jamais empêchés de les enterrer s’ils le jugeaient nécessaire.

C’est que ces revendications n’ont jamais été réellement au centre de leurs préoccupations. En réalité, s’il leur arrive d’y avoir recours de temps en temps  c’est  pour de multiples raisons qui n’ont rien à voir avec un quelconque attachement à la démocratie; c’est parce  que justement n’étant pas démocrates, ils n’ont pas de véritable alternative à proposer; c’est parce pour eux  c’est surtout une occasion pour  s’affirmer sur la scène politique, et un moyen  pour garder leur emprise sur les masses populaires en entretenant de faux espoirs en leur sein; mais c’est aussi un signe adressé à la fameuse «communauté internationale» notamment à quelques  fondations des pays impérialistes auprès desquelles ils sollicitent souvent des fonds pour  soit disant «promouvoir la démocratie» C’est pour dire à ces fondations: «Nous sommes toujours là ! Ne nous oubliez pas ! A votre bon cœur !».  En d’autres termes c’est un moyen pour eux de se remplir les poches

C’est sans doute ainsi qu’il faut comprendre l’initiative de Tikpi Salifou Atchadam. De toute évidence, son intention première,  reprenant ces revendications  était seulement   de s’affirmer face à ses compères et rivaux, comme un «leader incontournable» à l’égal d’un Fabre, d’un Agboyibo, par exemple. Mais c'était sans compter avec  la rancœur et les frustrations accumulées par le peuple durant ces dernières années.

En effet, le peuple en a plus qu’assez de l’oppression et de la misère qu’il continue de subir, mais il en a plus qu’assez également  de servir de paillasson, de  simple objet de manœuvre pour les ambitions personnelles des leaders de l’opposition dite démocratique et pour leurs sordides tractations;  il est ainsi  devenu plus attentif aux idées, aux arguments des démocrates révolutionnaires qui ont su se déployer, prendre diverses initiatives pour conscientiser, former une fraction de cette jeunesse combative et à l‘expérience des pays voisins. Ainsi, le peuple togolais a fini par exploser, déterminé à en finir avec cette situation de misère et d’oppression.

Cette  volonté hautement exprimée, se démarque de plus en plus des revendications sur les réformes institutionnelles et constitutionnelles. Elle a  mis  dans un profond embarras les faux démocrates. Ces derniers  ont dû se rendre à l’évidence : les tractations auxquelles ils ont recours habituellement se révèlent inopérantes. Ils leur deviennent toujours plus difficile de «calmer» le peuple. Ils ont beau «durcir» leurs déclarations, se permettre  quelques coups d’éclat à l’Assemblée fantoche UNIR-RPT,  leur complicité avec le régime est de plus en plus percée à jour, même s’ils en sont venus maintenant au mot d'ordre du départ  de l’apprenti dictateur Faure. C’est déjà une victoire pour le peuple.

Le Parti Communiste du Togo -PCT-  se félicite du courage et de la détermination dont le peuple togolais fait preuve et salue la mémoire de ceux qui ont déjà versé leur sang.  Cette lutte est naturellement la nôtre. Les communistes et les démocrates  continueront d’y apporter tout leur concours et toute leur contribution et ce jusqu’à l’instauration de la démocratie véritable.

 Mais il faut rester vigilant et lever toute ambiguïté.

 Dès le début du mouvement insurrectionnel populaire de 1990, à contre courant  de l’opinion généreusement répandue, nous n’avions pas hésité à dénoncer le piège que constituait la tenue d’une «conférence nationale souveraine». Nous n’avions pas craint de montrer qu’une telle assise  sous une dictature autocratique encore debout constituait  en fait offrait un répit inespéré à l’autocrate. Nous avons eu droit à des incompréhensions, voire à des critiques  même de la part de compatriotes sincères, mais nous avions tenu bon, confortés par notre attachement indéfectible à la vérité et à la démocratie.

Aujourd’hui les faux démocrates continuent encore de défendre cette initiative néfaste mais c’est surtout parce qu’ils en ont tiré profit, et on comprend pourquoi: certains d’entre eux ont pu être  ministres, premiers ministres. Gilchrist  Olympio est devenu un vice-président officieux du régime  depuis l’accord UFC-RPT/UNIR de mai 2010. Jean-Pierre Fabre quant à lui se  targue du titre de «chef de file de l’opposition» qui lui a été octroyé. Un titre qui soit dit en passant, montre bien qu’il fait partie des institutions officielles et donc de ce régime d’oppression antipopulaire. Mais qu’est-ce que le peuple a gagné à tout cela ? Des massacres, encore plus de misère !

C’est donc avec le même amour de la vérité et de la démocratie que nous disons aujourd’hui: c’est une erreur de croire que le retour à la constitution de 1992, les réformes constitutionnelles et institutionnelles suffiront à instaurer la démocratie. Nous disons même  qu’il n’est  pas impossible que l’application de ces réformes aboutisse au départ de l’apprenti dictateur, mais  que ce ne serait pas pour autant la démocratie.

La démocratie  n’est pas  possible   tant que subsistera l’appareil militaire répressif qui constitue le pilier du régime. On l’a vu en 1991 avec le gouvernement Koffigoh. La «conférence nationale souveraine» l’avait doté de tas de pouvoirs, mais le putsch de décembre 1991  n’a pas tardé à rétablir la réalité, parce que justement l’autocrate avait encore en main l’appareil militaire répressif. La  dictature anti-populaire peut bien subsister même avec la  constitution de 1992.

L’instauration de la vrai démocratie doit donc passer  par le démantèlement de tout le système, et notamment, la destruction de l’appareil militaire de répression et par la mise en place d’institutions réellement démocratiques. Au regard de toutes ces exigences  les querelles sur l’interprétation de tel article de la constitution de 1992  sur la mention ou non de tel bout de phrase sont des diversions dérisoires.  

La démocratie conquise doit permettre l’élection d’une constituante qui, après un large débat  élaborera une nouvelle constitution qui sera soumise au référendum.

C’est pourquoi nous disons: le peuple a encore montré une fois de plus ce dont il est capable en matière de détermination et de courage. Ces  nobles qualités, il doit cesser de les gaspiller pour les  intérêts de quelques faux démocrates. Ils doivent s’organiser pour lui-même. Aujourd’hui, c’est  l’organisation qui nous fait défaut.

C’est dans ce sens que nous constatons avec satisfaction que des comités de lutte pour la démocratie se mettent partout en place dans divers secteurs, et que ceux qui existaient déjà continuent de se renforcer. Nous leur apportons tous nos encouragements. C’est à partir de ces comités que le peuple pourra se doter de sa propre organisation démocratique indépendamment des partis de l’opposition dite démocratique et capable de mener la lutte pour abattre  et démanteler le système d’oppression antipopulaire et pour instaurer la démocratie.

Lomé, le  7 septembre 2017

Le Parti Communiste du Togo   -Parti de la Révolution

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Infos : www.pctogo.org

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