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LA LUTTE POPULAIRE: LA MEILLEURE MANIERE DE CELEBRER LE 27 AVRIL !

LOGO.pngOKLe 27 avril 1958, les partis anticolonialistes (CUT, JUVENTO, MPT), remportaient les élections législatives  organisées  sous l'égide des Nations-Unies et battaient à plate couture les partis colonialistes  (PTP, UCPN). Cette date marquait la défaite et la fin du colonialisme français au Togo.  C'est  donc à juste titre  que plus d'un demi-siècle après,  le 27 est toujours  resté cher  dans le cœur  du peuple togolais, et que les manœuvres  de l'autocratie pour l'effacer de notre histoire ont  échoué.  Aujourd'hui, la meilleure  façon de célébrer cette date historique, c'est  de faire un effort de réflexion pour bien comprendre  les conditions qui l'ont rendu possible, pour évaluer  correctement sa portée,  mais aussi ses limites, afin d'en tirer les meilleures leçons pour  aller de l'avant. Ce serait en effet une erreur de réduire  la victoire du 27 avril 1958 à une  simple victoire électorale. C'était en réalité l'aboutissement de luttes multiformes menées par le peuple pour   en finir avec l'oppression coloniale, des luttes qui rassemblaient  le  Peuple à travers les partis politiques anticolonialistes (CUT, JUVENTO), le mouvement syndical (UGTT) la jeunesse étudiante. (Jeune Togo). Le mouvement anticolonialiste n'avait cessé de se développer et de se renforcer   malgré la répression, les manœuvres de division.  Les massacres  de Pya, en pays KABYE (1957),  six ans après ceux  de Vogan (1951) en pays OUATCHI  sont non seulement un témoignage de la détermination du peuple face à la répression coloniale, mais aussi une illustration de l'échec cinglant  de la propagande et des manouvres  machiavéliques des  colonialistes et de leurs agents,  visant à  réduire le mouvement indépendantiste à un mouvement «sudiste».

Cette large union du peuple  contre le colonialisme français était  chaque jour d'autant plus forte  et plus déterminée qu'elle s'était trouvé un mot d'ordre approprié: «ABLODE»: c'est-à-dire  indépendance, liberté. Signe de ralliement  fédérateur et  mobilisateur, ce mot d'ordre  transcendait les diversités ethniques et les ambitions individuelles; par sa clarté sans ambigüité, il donnait  tout son sens à la lutte,  lui évitait  les pièges et les embûches. C'est en effet au nom d'ABLODE que le  peuple s'est  mobilisé pour boycotter le régime de l'autonomie interne, et qu'il a pu ainsi  réduire à néant cette ultime manœuvre de diversion du colonialisme pour tenter de se perpétuer.

Mais le  mouvement anticolonialiste togolais  tirait aussi sa force du fait que,  loin d'être isolé  et limité aux frontières de notre pays, il s'inscrivait  dans un contexte général  caractérisé par la  montée, au  lendemain de la seconde guerre mondiale, des luttes des peuples contre l'impérialisme et  la domination coloniale , pour l'indépendance le progrès social. Ainsi  en 1954,  alors  que  la défaite cinglante des troupes françaises à Dien Bien Phu, consacrait la défaite du colonialisme français en Indochine, commençait l'insurrection armée du peuple algérien. Le colonialisme se trouvait condamné de toutes parts,  par l''URSS,  par les pays nouvellement indépendants (conférence de Bandung 1955); et même par les Etats-Unis, pourtant alliés  des puissances impérialistes  entendaient  prendre pied dans ces territoires  qui jusque la restaient  la  chasse gardée  de celles-ci et  prêchaient pour l'émancipation des colonies   En France même,  le mouvement  anti colonialiste n'avait cessé de s'amplifier, stimulé par  l'opposition grandissante à la guerre coloniale contre le peuple algérien.

Dans cette situation, l'impérialisme français de plus en plus acculé  à la défensive,  a fini par se convaincre qu'il était de son intérêt de changer de tactique de domination, de passer de la domination directe, coloniale, à la domination indirecte néocoloniale, et dans ce sens, de céder le pouvoir à la fraction réformiste du mouvement anti colonialiste. Cela lui paraissait un moindre mal  face à la montée du courant  national-révolutionnaire, incarnée par la JUVENTO, et face aux progrès des idées anti-impérialistes véhiculées par ce parti. Cette fraction réformiste avait pour chef de file incarnée par  Sylvanus OLYMPIO.   Ce sont de telles considérations qui ont amené l'impérialisme français  à accepter le principe d'une élection générale supervisée par l'ONU, et que le scrutin s'est déroulé dans de bonnes conditions, alors que jusque-là les élections organisées par le pouvoir colonial n'étaient  que des mascarades que les partis anticolonialistes boycottaient à juste titre. Le 27 avril  c'est donc la sanction par les urnes d'un rapport de forces en faveur du peuple, conséquence de sa  propre mobilisation  mais d'un contexte international favorable aux  mouvements anticolonialistes. C'était donc une authentique victoire populaire, mais aussi une  victoire historique puisqu'elle débouchait sur la fin du colonialisme français.  Mais cette victoire avait ses limites, et ces limites  tenaient essentiellement à l'absence d'une véritable  direction  anti-impérialiste  et révolutionnaire. La fraction réformiste représenté par la CUT  qui  sous la direction de Sylvanus OLYMPIO, avait hérité du pouvoir colonial, n'avait nullement l'intention de rompre  avec le système impérialiste ; elle entendait seulement  ne plus dépendre  exclusivement de l'impérialisme  français, elle voulait diversifier ses liens de dépendance,  en se rapprochant  notamment de l'Allemagne et des Etats-Unis. C'est cette politique qui fut à l'origine du coup d'Etat de janvier 1963 perpétré par l'impérialisme français pour sauvegarder ses positions.

Le faux espoir d'un nouveau 27 avril 

Aujourd'hui, alors que le peuple continue de subir le joug d'un régime d'oppression néocolonial et prédateur, des faux démocrates ne cessent de faire  miroiter le faux espoir d'un nouveau. 27 avril. Ils continuent de répéter mécaniquement  comme une incantation le mot d'ordre historique d'ABLODE un mot   d'ordre aujourd’hui largement dépassé mais c'est pour s'épargner  une réelle  réflexion  sur la question. Pour tromper le peuple et le convaincre de participer à la mascarade électorale 25 avril, ils n'ont pas hésité à se livrer  à des  analyses et à des rapprochements hasardeux et mécaniques, avec cette date mémorable du 27 avril 1958,  alors que de toute évidence ni les conditions intérieures,  ni les conditions extérieures ne pouvaient permettre une telle comparaison à des rapprochements  mécaniques et ridicules notamment  sur le rôle des  Nations-unies et de la «communauté internationale».

Ils ont répandu des illusions  sur la prétendue communauté internationale, alors que celle-ci n'est en réalité que  la feuille de vigne derrière laquelle se cachent à peine les puissances impérialistes qui  interviennent dans notre pays,  et que sa présence  a  pour but non pas de garantir réellement des élections justes et honnêtes, mais d'apporter sa  caution  à des élections frauduleuses et d'attribuer un label démocratique  au valet jugé le plus serviable. Un nouveau 27 avril est aussi illusoire que l'est la démocratie par les urnes que ces faux démocrates continuent de prôner.

Par ailleurs, l'exemple  même du 27 avril 1958, en particulier l'expérience que nous avons de ses  limites, nous montre qu'une victoire électorale, à supposer même qu'elle soit possible, n'est pas suffisante à elle seule pour assurer les transformations qu'exigerait l'établissement  d'une véritable démocratie dans notre pays. Elle suppose en effet: la rupture des liens de dépendances néocoloniales et l'affirmation  d'une véritable indépendance nationale, le démantèlement de l'appareil d'oppression, toute chose qu'il serait difficile d'obtenir au moyen de simples bulletins de vote.

C'est ce que  le peuple togolais a compris, lorsqu'en octobre 1990, il a commencé à déboulonner les statues  de l'autocrate, brûler les commissariats  de police et les véhicules de l'administration, attaquer les préfectures, désarmer quelques gendarmes, dénoncer ouvertement  l'impérialisme français. Bref, le peuple sentait bien compris qu'il fallait s'en  reprendre à l'appareil d'Etat, mais il le faisait d'instinct, sans organisation sans direction conséquente, ce qui a permis  aux  faux démocrates de transformer la lutte populaire  en discussion de salon. Il est clair qu'aujourd'hui c'est dans les journées d'octobre  1990 qu'il faut rechercher une suite conséquente à la victoire populaire du  27 avril 1958. C'est en œuvrant pour un 5 octobre victorieux que nous marquerons notre  fidélité à la victoire du 27 avril 1958. C'est à cela que  doivent travailler  et que  travaillent les démocrates et en premier lieu  les communistes.

Lomé, le 27 avril 2015

Le Parti Communiste du Togo   -Parti de la Révolution

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