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Agboyibo ou les élucubrations d’un faux ami du peuple.(Deuxième partie)

agboyibo-2Décidément AGBOYIBO et son écuyer APEVON ne cessent d'étaler par devant l'opinion leurs obscurantismes, leurs ignorances sur le marxisme... Dans sa dernière sortie sur le site web du pouvoir  (www.republicoftogo.com), l'écuyer APEVON s'en prend vertement aux marxistes dans le but de nourrire une propagande anticommuniste, anti-marxiste au sein du mouvement démocratique au Togo. En effet, les attaques des dirigeants du CAR contre les "marxistes" ne sont nullement dirigés contre le Parti Communiste du Togo mais, plutôt, contre son rival l'ANC qui par son radicalisme petit bourgeois; les dirigeants du CAR croient qu'ils en sont  face à des "marxistes". Non ! Loin de là ! L'ANC n'a rien à voir avec le courant marxiste au Togo. Incontestablement, elle représente tout comme le CAR, la bourgeoisie bureaucratique libérale alliée et suppôt de l'impérialisme dans notre pays.  Mais dans un souci de clarification nous allons, dans cette deuxième partie de notre intervention, continuer à démonter complètement les énormités débitées par AGBOYIBO à propos des marxistes et que nous retrouvons, d'ailleurs, sous d'autres plumes.... 

 

AGBOYIBO ET LA CRITIQUE DU MARXISME

AGBOYIBO à propos des marxistes avance les affirmations suivantes :

-Les marxistes auraient cherché à infiltrer le processus démocratique pour inciter les jeunes au refus du dialogue, mais les leaders de l'opposition auraient «déjoué» ces «manoeuvres».

-La ligne idéologique des marxistes c'est le matérialisme athée, la négation de Dieu et partant, de l'étincelle divine qui existe en chaque individu et qui peut l'amener à s'ouvrir au dialogue; d'où leur préférence pour l'affrontement verbal, voire physique; il aurait même été question» d'imposition de la pensée unique «du fanatisme et de l'extrémisme» !

-les marxistes «se plaisent à exhorter à la patience les citoyens du bord de l'opposition en leur faisant croire que leur tour de jouissances de ces ressources arrivera bientôt car ils sont sur le point de prendre le pouvoir».

Passons rapidement sur certaines contradictions d'AGBOYIBO; par exemple on peut se poser la question de savoir comment les marxistes peuvent être partisans de la voie de l'affrontement verbal, voire physique, une voie qui normalement doit inciter à l'action, et dans le même temps prôner la patience ? Seul lui peut comprendre. De même nous passons sur ce terme de «fanatisme» tellement galvaudé et nous nous arrêtons un instant sur le terme de «pensée unique» une autre expression passe partout. Nous pensons qu'il entend par ce terme une vision unique, voire une ligne politique unique imposée, et que tout un chacun est invité à faire sienne sous peine d'être stigmatisé. Or la pensée qui a prévalu dans les années 1990, c'est celle de la conciliation, du dialogue, de la démocratie par la négociation et par les urnes, en un mot, celle que véhiculent AGBOYIBO et ses compères. Le vrai porteur de la «pensée unique» c'est AGBOYIBO lui-même ! L'usage du mot «fanatisme» pour stigmatiser ceux qui pensent autrement, est déjà en soi un signe révélateur. Cette pensée unique n'était d'ailleurs pas limitée au seul Togo elle a été imposée au Bénin, au Zaïre, au Congo Brazzaville, où elle s'est traduite par la tenue de «conférences nationales».

Seul notre Parti, le PCT s'est démarqué de cette voie en montrant qu'elle offrait un répit à l'autocrate, et qu'elle vise seulement au partage du pouvoir entre clans bourgeois, sans aucun profit pour le peuple. Nous avons pris position dès le début du mouvement insurrectionnel notamment dans un article où nous expliquions que la démocratie passait par la destruction du système et non par des réformes; le vote d'une constitution ou la tenue d'une conférence nationale; nous n'avons pas manqué de fustiger «les jongleries» d'Edem KODJO celui qui parmi les faux démocrates, paraissait le plus en vue; à l'annonce de négociations entre l'autocratie et le FAR, nous avons aussitôt réagi par une mise en garde dénonçant la manœuvre. Nous n'avons jamais varié. Mais notre point de vue qui était loin de représenter «la pensée unique'» n'a pas prévalu à cette époque.

Si c'est cela qu'AGBOYIBO considère comme sa victoire contre «l'infiltration marxiste», il est libre de croire ce qu'il veut. Le fait est qu'il est incapable de comprendre que nous autres marxistes, et même marxistes-léninistes pour être plus complets, nous ne nous situons pas sur le même terrain que lui, parce que nous ne poursuivons pas les mêmes objectifs que lui. Nous ne menons pas un combat de leadership avec lui ni avec ses autres compères d'ailleurs. Notre objectif à nous c'est de faire comprendre au peuple qu'il ne doit son salut qu'à lui-même, et que c'est seulement par sa lutte, et par la destruction du régime d'oppression, qu'il peut conquérir la liberté et la démocratie.

Prise de conscience, organisation et mobilisation, telles sont les conditions du salut pour notre peuple, et cela doit le conduire nécessairement à rompre avec la voie de la conciliation et avec ses promoteurs. Notre tâche à nous c'est de contribuer à cette prise de conscience, à cette organisation et à cette mobilisation et c'est ce que nous faisons. Mais cela prend du temps car c'est seulement en se confrontant à l'expérience que le peuple peut se convaincre de la justesse de notre ligne. Alors contrairement à ce que raconte AGBOYIBO, nous ne pouvons pas demander au peuple d'être patient; c'est plutôt à nous d''être patients ce qui n'est pas du tout la même.

Venons-en maintenant aux «critiques» d'AGBOYIBO
 

-       Sur l'infiltration des marxistes

Le mot infiltration est un mot qui fait beaucoup fantasmer les anti-communistes. Ce n'est pas étonnant qu'AGBOYIBO l'ait repris à son compte.

Nous rappelons qu'infiltrer signifie entrer de façon clandestine dans un organisme dans le but de lui porter des coups. Les marxistes ne peuvent donc infiltrer qu'avec de mauvaises intentions. C'est ce que laisse entendre AGBOYIBO qui se félicite que leur manœuvre ait pu être déjouée.

Mais voyons ce qu'il en est dans la réalité, et pour cela nous allons prendre trois exemples, trois pays où la présence et le rôle des partis communistes (donc des partis se réclamant du marxisme) sont incontestables et incontestés dans des événements majeurs qui s'y sont déroulés. Nous voulons parler de l'Afrique du Sud, de la Tunisie et du Burkina Faso.

-       L’Afrique du Sud

Concernant l'Afrique du Sud on sait bien le rôle joué par l'ANC dans la lutte contre l'apartheid. Mais on ne parle pas assez souvent des liens entre l'ANC et le Parti Communiste Sud Africain. Dans cette lutte commune Juste un rappel à ce sujet; lors du Congrès du Peuple où fut rédigée la Charte du Peuple qui allait devenir le programme de l'ANC (1955), le Parti communiste était présent aux côtés de l'ANC; a la création en 1983 de l'UDF, organisation destinée à imprimer un caractère de masse à la lutte (Mgr Desmond Tutu était l'une des grandes figures), il y avait l'ANC et le Parti Communiste, à côté d'organisation à caractère social, religieux. Ce qu'il faut souligner, c'est que les liens entre les deux organisations étaient si étroits que de nombreux militants pouvaient avoir la double appartenance c'est-à-dire qu'ils pouvaient être membres à la fois de l'ANC et du Parti Communiste Sud Africain. Nous citerons le cas de Joe SLOVO, membre du Parti Communiste Sud Africain qui dirigea la branche armée de l'ANC, ce fut aussi le cas de Chris HANI qui fut tué en 1993. Nous citerons aussi Dulcie SEPTEMBER représentante de l'ANC en France, membre elle aussi du Parti Communiste, et qui fut assassiné à Paris en 1988.

Comment expliquer ces liens étroits ? D'abord parce que les marxistes sont par définition des anti-racistes; ils le sont pour des raisons à la fois philosophiques et politiques. Sur le plan philosophique le marxisme, s'appuyant sur la science, considère que l'espèce humaine est unique, et que les signes extérieures qui ont introduit la notion de race sont secondaires et ne peuvent pas mettre en cause l'unicité du genre humain; que par conséquent l'idée de race supérieure et de race inférieure qui est à la base du racisme, est erronée, non scientifique: «le racisme est une théorie totalement étrangère à la science», dit le dictionnaire philosophique du marxisme léninisme; sur le plan politique les marxistes savent que le racisme sert à justifier l'oppression nationale et sociale, à diviser et à affaiblir la classe des opprimés face aux oppresseurs. Soit dit en passant cela vaut aussi pour le régionalisme et le tribalisme», que les communistes combattent aussi résolument que le racisme. En plus des facteurs philosophiques, et politiques il y avait aussi les questions organisationnelles; en la matière le Parti Communiste Sud Africain avait à sa disposition l'expérience du Mouvement Communiste International qu'il pouvait mettre au service de l'ANC. Pour ces raisons, c'est donc en toute logique que ces deux organisations se sont retrouvées. A cette époque on a beaucoup parlé d'infiltration communiste à propos de cette relation. Mais qui en parlait souvent ? Les partisans de l'apartheid pour justifier leur système !

-       Le cas de la Tunisie

En Tunisie, parmi les organisations qui ont participé à la mobilisation populaire et contribué ainsi au renversement de l'autocrate Ben Ali, il faut citer le Parti des Travailleurs de Tunisie (anciennement Parti Communiste des ouvriers de Tunisie), un parti marxiste-léniniste. Actuellement, ce parti poursuit son travail d'organisation et de mobilisation dans un large front populaire qui comprend aussi des croyants, et qui a des députés dans la nouvelle assemblée nationale.

-       Le cas du Burkina Faso.

Il est indéniable que le Parti Communiste Révolutionnaire Voltaïque (PCRV) a joué un rôle décisif dans la mobilisation populaire qui a abouti à la chute de COMPAORE. Notamment à travers le mouvement syndical avec la Confédération Générale du Travail du Burkina (CGTB) et la Coalition Contre la Vie Chère CCVC).

Dans ces pays les communistes ont contribué aux avancées de la démocratie. Le terme d'infiltration marxiste ou d'infiltration communiste sont d'un autre âge. Ceux qui en usent sont des ennemis de la démocratie.
 

-       Sur la question de l'athéisme

La question de l'athéisme c'est l'autre épouvantail qu'agitent souvent les anti-communistes. Mais ce n'est qu'un épouvantail. En effet, si la question de la croyance était une question majeure il n'y aurait jamais eu en Afrique du Sud, une collaboration aussi étroite entre l'ANC dont le représentant le plus emblématique Mandela, était un protestant méthodiste, et le Parti Communiste Sud Africain avec ses militants athées. On n'aurait pas pu voir dans un vaste mouvement anti apartheid des militants communistes, ces «marxistes athées» à côté d'un Mgr Desmond TUTU ! Ce dernier est tout de même mieux placé, en tout cas mieux placé qu'un AGBOYIBO pour se préoccuper du marxisme athée. Pourtant cette vaste union a été possible. Pourquoi ? Parce que tous avaient compris que, face à la lutte contre l'apartheid, la question des croyances était secondaire.

Revenons maintenant chez nous et posons-nous les questions suivantes

Qui a donc forcé les citoyens à changer leur prénom, violant ainsi la conscience de nombreux chrétiens ? Les marxistes athées ? Non !

Qui a fait bastonner un curé qui a osé s'élever contre ce viol des consciences ? Les marxistes athées ? Non !

Qui a fait bastonner un curé qui a osé critiquer le culte excessif pour un homme  que certains voulaient célébrer à l'égal de Jésus Christ ? Les marxistes athées ? Non !

Qui a envoyé des sbires perturbés dans l'église Saint Augustin d'Amoutivé, la cérémonie d'intronisation de Mgr KPODZRO, après avoir empêché la même cérémonie à Atakpamé ? Des marxistes athées ? Non.

Tous ces méfaits avaient un responsable; un homme qui ne cessait de répéter; «Si ce que je fais est mauvais, que Dieu me barre la route; si ce que je fais est bon, qu'il me laisse continuer». Cette manière de se couvrir du nom de Dieu, d'instrumentaliser la religion pour couvrir ses forfaits, cela ne gène nullement AGBOYIBO seulement préoccupé par l'athéisme. Et pour cause: il fait exactement comme EYADEMA. L'élève AGBOYIBO a copié sur son maître EYADEMA... rappelons nous ses développements tordus sur «l'étincelle divine». «Le marxiste, dit-il ne croit pas à l'existence de l'étincelle divine en chaque personne humaine et par voie de conséquence à l'idée que deux personnes en conflit puissent s'entendre par la rencontre de leurs «étincelles divines».

Mais où AGBOYIBO a-t-il appris que le marxiste ne croit pas à la possibilité pour deux personnes en conflit de s'entendre et de «dialoguer» ? Que deux êtres humains ou des groupes d'hommes, des voisins, des amis séparés par une brouille, et même des ennemis, puissent se retrouver, dialoguer et se réconcilier, même le marxiste y croit, comme tout être humain. Mais les rapports humains entre individus, c'est une chose, les rapports entre un autocrate et un peuple soumis à l'oppression, s'en est une autre. Mais AGBOYIBO met volontairement ces deux types de rapports sur le même plan, et les confond délibérément. De cette manière, il peut justifier son dialogue, en fait sa complicité active avec l'autocrate et son système. Quant à la fameuse «étincelle divine», c'est l'alibi religieux, destiné à exploiter aux mêmes fins la crédulité de certains de nos compatriotes. On voit le cynisme du personnage.

Notre Parti ne juge pas les compatriotes d'après leurs croyances, mais d'après leur patriotisme, leur détermination à lutter avec le peuple pour la liberté, la démocratie et le progrès social. Notre souci ce n'est donc pas la foi d'un compatriote; c'est l'intrusion de la religion dans la sphère politique à des fins d'instrumentalisation que nous voulons éviter. EYDEMA et AGBOYIBO nous donnent des exemples à ce sujet. Notre position sur ce sujet est donc claire et elle est bien précisée dans notre programme; notre Parti considère le droit de croire ou de ne pas croire comme un droit démocratique qui relève de la liberté de conscience et qui doit être préservé. La foi est une affaire privée. Nous allons terminer ce chapitre sur la question de l'affrontement verbal voire physique qui aurait la préférence des marxistes. Nous dirons simplement qu'AGBOYIBO qui a pu connaître d'autres pays que le nôtre, a certainement eu l'occasion de constater que partout il y a des affrontements verbaux, des joutes oratoires, des dénonciations et que ce que ce n'est pas une spécificité des marxistes. Il n'a certainement pas dû voir. Son refus de l'affrontement verbal n'est qu'un héritage du RPT.

Quant à la question de l'affrontement physique, nous posons seulement la question suivante:

        -       Qui est responsables des milliers de morts dans notre pays ?

       -       Est-ce les marxistes «partisans de l'affrontement physique» qui ont assassiné, en février 1994, le député du CAR Gaston EDEH  et ses compagnons ?   - Est-ce les marxistes qui ont assassiné les militants du CAR à Agbandji en Août  1993 ?

 AGBOYIBO ne les a pas seulement oubliés à cause de sa haine viscérale du marxisme; il les a sacrifiés sur l'autel de son ambition et de son intérêt personnels. Nous pourrions aussi disserter sur son régionalisme et son tribalisme pour compléter son portrait. Mais nous voyons que le peuple lui même est en train de se faire une juste idée de ce triste personnage et qui l'a déjà démasqué comme un faux amis.

Lomé, le 8 juin 2015

LE PARTI COMMUNISTE DU TOGO, PARTI DE LA REVOLUTION

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