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Jean-Pierre FABRE et CAP-2015: Un faire valoir pour FAURE Gnassingbé. ( Deuxième partie )

 

L'opposition dans l'impasse

 

 FAURE-FABRE1 Nous le précisons bien, dans les circonstances actuelles c'est l'opposition dite démocratique qui est dans l'impasse et elle seule, mais certainement pas nous autres  démocrates. Il y a  de nombreux compatriotes qui pensent encore aujourd'hui que les démocrates et  l'opposition c'est la même chose et qui s'étonnent même que nous réservions tant de critiques à cette dernière-ci. Il faut donc commencer par  éclaircir la question, expliquer en quoi nous sommes différents et pourquoi nous tenons à marquer notre différence avec  cette opposition. On pourra ainsi,  non seulement, comprendre pourquoi nous ne sommes nullement dans l'impasse, contrairement à l'opposition dite démocratique, mais aussi avoir une idée claire de nos tâches.

Le terme même d'opposition implique  par définition la compromission avec le pouvoir dictatorial. En politique aucun terme n'est neutre. Ainsi, c'est à la notion de majorité que renvoie la notion d'opposition.  On parle ainsi de majorité parlementaire, de majorité  présidentielle ou de majorité gouvernementale,  pour désigner le  parti  ou la coalition  qui a remporté les élections et, on donne le nom d'opposition au parti ou à la coalition de partis qui a perdu   les élections,  et qui espère devenir majoritaire  à son tour. Cela suppose que la majorité  et l'opposition s'accordent sur le système, et notamment sur le déroulement des scrutins, qu'elles participent de concert  à son fonctionnement, chacune dans son rôle et à sa place, avec seulement des nuances qui les différencient.

En gros c'est ce qu'on appelle l'alternance. Or nous savons que chez-nous le pouvoir a confisqué toutes les instituions à son seul profit, et ne se maintient aussi par la répression et la fraude électorale. Et ses méthodes de gouvernement montrent bien qu'il ne représente pas la majorité. D'ailleurs l'opposition elle-même  n'a jamais cessé de crier à la fraude électorale et à l'absence d'alternance. Face à un tel pouvoir, qui de toute évidence, est une dictature anti-populaire, il ne peut être question d'une simple opposition. Sauf si l'on ne cherche pas à le combattre  réellement, mais plutôt  à trouver avec lui un terrain d'entente. Parce que dans le fond, on ne veut pas reconnaître ce pouvoir comme une véritable dictature. On remarquera, d'ailleurs en passant que c'est très rarement que les leaders de l'opposition dite démocratique (et d'ailleurs pas tous) font usage de ce mot de dictateur…

Ce terme d'opposition  est  donc déjà en  soi un programme: celui de   la démocratie par la  conciliation, de la compromission continue avec la dictature, avec les résultats que l'on sait… L'opposition, comme son nom l'indique donc,  ne fait que s'opposer au pouvoir  elle  ne met pas nécessairement pas  en cause son existence, par conséquent elle ne cherche pas à la combattre. Les démocrates quant à eux veulent la combattre jusqu'au bout, jusqu'à sa destruction totale, jusqu'au démantèlement complet de tout le système dictatorial. Ce qui fait déjà une différence.

L'opposition un  fourre-tout hétéroclite.

Le fait est que l'opposition  peut être motivée par des raisons les plus diverses qui n'ont pas nécessairement de rapports avec la démocratie; pour certains cela peut être simplement la soif de promotion personnelle, l'ambition déçue, la rancœur et le désir de vengeance etc. Il  résulte de tout cela que l'opposition  est  un fourre tout hétéroclite où il est difficile de s'y retrouver. Ajoutons qu'il existe même des cas d'opposition par  intermittence.

En effet, au gré de son intérêt du moment, on peut  à l'exemple de l'UTD en 1994, cesser d'être momentanément  un parti de l'opposition pour devenir  un «parti charnière», le temps d'occuper un poste de premier ministre. Dans le même sens, nous citerons l'exemple d'AGBEYOME Kodjo: ce  haut dignitaire du RPT, a de façon tonitruante  rejoint les rangs de l'opposition en compagnie de Dahuku PERE, à la grande joie de nombreux leaders; puis il est retourné au bercail ! Bref, il n'y a rien de plus confus que cette opposition. Certains ont  prétendu y voir  clair dans cette confusion. Ils ont voulu distinguer  des tendances  et c'est ainsi qu'on a  parlé  d'une opposition radicale,  d'une opposition modérée;  sans parler d'une opposition historique.  Mais le fait est  qu'on ne sait toujours pas exactement  encore aujourd'hui ce que ces termes recouvrent.  Ainsi pendant longtemps c'est à l'UFC de Glichrist OLYMPIO que revenait ce titre d'opposition radicale; puis, l'accord  passé avec le RPT/UNIR en 2010, a montré ce qu'il en est de cette «radicalité». Aujourd’hui, c'est Jean-Pierre FABRE qui essaie de reprendre le drapeau, mais manifestement il rencontre quelques difficultés surtout après la mascarade électorale d'avril 2015.

Il  y a aussi  certains autres qui  veulent  distinguer   «un courant majoritaire de l'opposition». Par opposition sans doute à un  «courant minoritaire». Une telle distinction suggère l'idée d'une «opposition» considérée comme un tout, une sorte d'entité, au sein  de  laquelle existeraient des «courants», certains dits majoritaires, et d'autres minoritaires,  Un peu comme un parti avec des courants mais où tous les adhérents au-delà de ces courants, se revendiquent de la même organisation: On voit tout de suite à quoi aboutit cette présentation des choses: à éviter de présenter les  faux démocrates et faux amis du peuple comme  tels,  et à éviter  ainsi d'avoir à se démarquer franchement  de ces derniers  et d'avoir à  les combattre. C’est une attitude qui n'aide pas à y voir clair,  qui  ne fait  qu'ajouter la confusion à la confusion, c'est pourquoi on la dénonce.

Depuis bien longtemps les démocrates ont dressé  leur profil, et  mis en lumière ce qu'ils ont de commun et  qui justifie ce qualificatif  de faux démocrates et de faux amis du peuple. Il suffit de consulter leurs diverses publications. On peut le résumer ainsi:

  • Le parcours  politique

Ce sont pour la plupart des hommes compromis avec l'autocratie,  tels qu'un  Edem KODJO, un  AGBOYIBO, un EKON etc. Il s’agit d'hommes (ou de femmes) qui ont servi la dictature à un poste élevé. C'est  en effet,  un  indicatif fort significatif de la confiance qu'on peut faire ou non à un homme politique. Cela signifie concrètement  que  le peuple ne peut  se  permettre aucune illusion sur ceux qui se sont compromis avec la dictature en occupant des fonctions de hautes responsabilité au sein de la dictature, dans le parti RPT/UNIR (comme président, secrétaire général,   secrétaire régional),  au sein de l'appareil d’État (premier ministre, ministre, directeur de cabinet, préfet, responsable de la répression) ou dans l'appareil économique. Parce qu'il s'agit de responsabilités conscientes, assumées et non forcées. Parce qu'à  ce niveau on ne pas dire qu'ils se sont trompés, et ils n'ont droit à aucune excuse. Ainsi, c'est à partir de ces critères, que dès 1990, les démocrates ont mis en doute les professions de foi démocratiques d'un  Edem KODJO,  membre fondateur du RPT, ancien premier  ministre d'Eyadema, et qu'ils l'ont dénoncé comme faux démocrate et  faux ami du peuple.

La vie leur a donné raison. C'est également en s'appuyant sur ces  mêmes critères  ils ont fait de même  en  2002,  à propos  d'un  AGBEYOME Kodjo lorsque celui-ci s'est mis tout à coup à critiquer le régime, après y avoir occupé de très  hautes fonctions. On se rappelle que certains dirigeants de l'opposition dite démocratique  s'étaient alors  permis de parler de «miracle»,  même  d'une «opération du Saint Esprit» à propos de cette prétendue conversion. Qu’AGBEYOME se retrouve aujourd'hui à côte de FAURE, cela n'a rien d'étonnant.

Il est vrai que ces dignitaires de l'opposition dite démocratique, n'ont pas  tous nécessairement un lourd passé de  militants  RPTistes. Nous pensons aux ex-ministres GNININVI et ADIMADO ADUAYOM . Le dernier étant connu  pour avoir commencé sa  vie politique en militant  résolument contre  le régime dans des organisations réputées  anti-impérialistes. Mais c'est ce qu'ils sont devenus aujourd’hui qui doit retenir notre attention, et à cet égard il n'y a aucun doute à leur sujet: par leur participation au gouvernement de la dictature, ils méritent bien  les mêmes qualificatifs  de faux amis du peuple et de faux démocrates,  au même titre que les  dignitaires RPTistes «convertis». Ils sont d'ailleurs bien placés pour tromper le peuple car, ils peuvent mettre en avant leur passé politique de militants démocrates. 

  • Ce sont des valets de l'impérialisme.

C'est un rôle qu'un AGBOYIBO admet  ouvertement   lorsqu'il affirme  qu'il peut servir lui aussi les intérêts de la France. On notera dans le même sens, que la première préoccupation de chacun d'entre eux, c'est de trouver un appui auprès des puissances impérialistes  qu'ils qualifient de «puissances amies». Or justement, les intérêts de ces puissances impérialistes vont à l'encontre  de notre démocratie.  La manière unanime dont elles ont légitimé et cautionnée la mascarade électorale le confirme une fois de plus. 

  • L'ambition personnelle est leur principale motivation. 

C'est ce qui explique la multitude des partis politiques. En effet, pourquoi tant de partis d'opposition  alors qu'ils se réclament tous de la démocratie, de l’État droit ? Parce que chaque leader tient à avoir  «son» parti, et ne veut pas du tout se mettre sous un autre. L'ambition personnelle se voit aussi dans les rivalités auxquelles ils se livrent pour leur promotion. Lorsqu'un Edem KODJO déclare tout d'un coup en 1994 que son parti est un «parti charnière» et que les députés de son parti désertent les rangs de l'opposition,  permettant ainsi au RPT de conserver la majorité parlementaire, c'est pour être nommé Premier ministre, et c'est bien l'ambition personnelle qui le guidait. 

Lorsqu'un AGBOYIBO déclare qu'il est lui aussi disposé à servir les intérêts de la France, il signifie clairement que ce qui l'intéresse avant tout c'est sa propre promotion, même s'il doit pour cela servir les intérêts  d'un pays étranger. Il en a d'ailleurs été récompensé, puis qu'il a  finalement été nomme premier ministre de FAURE. Ils considèrent que la démocratie c'est d'abord leur affaire à eux, à cause de leur  instruction, de leur compétences, voire de leur prestige international. Ils estiment  pour ces raisons qu'ils ont la légitimité et  les capacités «naturelles», en quelque sorte pour pouvoir obtenir cette démocratie  par la négociation. Puisque selon eux la démocratie est une affaire de négociations et que  ce sont les négociations qui déterminent le processus démocratique.  Le peuple peut juste servir de moyen de pression, en combinaison avec la pression de la «communauté internationale», comme le dit si bien AGBOYIBO. Pour eux, le peuple n'est pas l'acteur de son propre histoire; c'est juste une masse de manœuvres…

Cette démocratie, pour eux c'est avant tout l’État de droit, l'alternance. C'est ce qui leur importe le plus, parce que ce qu'ils veulent avant tout, c'est un système et  des institutions qui permettent à eux aussi d'accéder au pouvoir, sans difficulté… Quant à savoir ce qu'ils veulent faire de ce pouvoir, s'ils y parviennent, c'est-à-dire ce qu'il en  est de leur  programme en matière de transformations démocratiques, c'est le mutisme complet. C'est qu’en fait ils ne proposent rien de différent, de ce que fait le pouvoir,  Et c'est pour cette raison qu'un Edem KODJO, un AGBOYIBO peuvent occuper le poste de premier ministre d'EYADEMA  et de FAURE sans problème; c'est aussi pour cette raison qu'il peut y avoir autant de passerelles entre le pouvoir et cette opposition. Ce qui montre que c'est bien l'ambition personnelle, le désir d'accéder à des postes, qui les motive. C'est en passant tout cela en revue, que les démocrates ont décidé de leur appliquer les termes de faux démocrates, et de faux amis du peuple. C'est à partir de leur expérience  qu'ils  ont  déduit des normes et des critères  qui permettent de distinguer  les vrais et les faux  démocrates. Ces normes et critères sont donc les suivants:

  • Le parcours politique.
  • Les prises de positons et déclarations politiques.
  • La pratique politique en rapport avec les déclarations politiques évidemment.

C'est à partir de ces normes et critères que les jugements des démocrates sur les faux amis ont été toujours confirmés. Une fois que le peuple les aura également assimilés, il  saura de lui-même les démasquer d'emblée et ne se laissera plus embobiner par des faux amis pour s'apercevoir seulement après coup qu'il a été trompé et trahi. Aujourd'hui c'est l'ensemble des tenants de  l'opposition dite démocratique qui est donc dans l'impasse. Ils sont dans l'impasse d'abord  parce qu'ils sont incapables de justifier leur politique. C'est le cas d'abord de CAP 2015, et de  Jean-Pierre FABRE, tous ceux qui ont  appelé à aller voter.  Leur revirement de dernière minute a du mal à passer,  tout comme leurs tentatives de justifications.

A qui veulent-ils faire croire qu'il a fallu ce cirque électoral pour vérifier l'ampleur de la fraude ?  FABRE  et ses compères en sont réduits à des gesticulations et à des fanfaronnades qui masquent à peine leur impuissance.  C'est aussi le cas de ceux d'entre eux qui ont appelé à ne pas aller voter, notamment le CAR, qui a poussé son opportunisme à l'extrême en participant  néanmoins à l'organisation du scrutin. Pour  pouvoir voir et vérifier, disent-ils  pour se justifier. Mais  en réalité  la vraie raison de leur présence à un nom; elle s'appelle indemnités. Voilà  tout ce qui motivait le CAR ! Comment un parti avec de telle  pratique  peut-il prétendre porter  des valeurs démocratiques ?

L'opposition dite démocratique est aussi dans l'impasse parce qu'elle a fait le tour de toutes les conciliations, de tous les accords possibles sous les appellations les plus diverses, et elle ne peut pas expliquer  pourquoi rien ne change, et surtout elle ne sait plus quoi  d'autre proposer. Peut-être le pouvoir va-t-il lui tendre une main secourable avec une énième négociation sur les réformes ? Ce n'est pas si sûr, Il y a aussi les perspectives d'élections locales, régionales et sénatoriales. Mais tout cela  se heurte de plus en plus à l'incrédulité.

A suivre Troisième partie 

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