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Jean-Pierre FABRE et CAP-2015: Un faire valoir pour FAURE Gnassingbé. (Quatrième partie)


Sur les réformes constitutionnelles et institutionnelles. (De nouvelles négociations.)

 

fabreIl est fort affligeant de constater qu'après tant d'expériences malheureuses, certains compatriotes en soient encore à considérer, comme objet de revendications démocratique, le respect et l'application par le pouvoir des multiples accords signés avec l'opposition (22 engagements, Accord cadre de Lomé, Accord politique global pour ne citer que ceux-là...). Il est dommage qu'ils ne se rendent pas compte que c'est du temps perdu, et qu'ils ne servent qu'à légitimer le pouvoir, et pour les faux démocrates, à se mettre en valeur.

 

Comment peut-on croire un instant qu'un dictateur accepte d'appliquer des accords qui le priveraient du pouvoir dont il profite ? Il en est de même des réformes constitutionnelles et institutionnelles. Nous nous contenterons donc de rappeler la position des démocrates à ce sujet: 

  • La constitution la plus démocratique reste un chiffon de papier tant qu'il n'existe pas un rapport de forces favorable à son application, c'est-à-dire tant que les forces démocratiques ne l'ont pas emporté sur les forces anti-démocratiques; ce n'est pas la constitution démocratique qui crée la démocratie, c'est la démocratie conquise qui peut se donner une constitution démocratique. Il faut donc commencer par conquérir la démocratie par la lutte pour pouvoir se donner une constitution démocratique.

  • Par conséquent focaliser l'attention sur les réformes constitutionnelles, organiser des marches à ce sujet, c'est de détourner l'attention de la vraie exigence de l'heure: l’organisation, la mobilisation et la lutte pour en finir avec la dictature.

  • Pour les mêmes raisons, nous ne nous sentons pas concernés par la revendication au sujet du retour à la constitution de septembre 1992. La voie la plus sûre pour empêcher le tripatouillage de la constitution c'était de faire partir le dictateur. Le peuple burkinabé vient de le démontrer. Laisser faire pour organiser des marches de revendications une fois que c'est fait, ce n'est pas œuvrer dans l'intérêt de la démocratie. De toute façon, les démocrates avaient appelé à boycotter le référendum relatif à la constitution de 1992. Il n'est donc pas question de soutenir cette constitution aujourd'hui, pas plus que nous ne l'avons soutenue hier.

Sur la question de l'alternance.

 

Nous savons que cette revendication sur les réformes constitutionnelles et institutionnelles, concerne surtout la question du nombre des mandats présidentiels, la question du retour à l'élection présidentielle à deux tours, et en définitive la question de l'alternance.

Pour les démocrates, la revendication de l'alternance aujourd'hui, n'est pas une revendication démocratique.En effet, l’alternance c'est simplement la succession répétée et régulière au pouvoir. Comme le montrent les pays souvent cités comme des modèles, l'alternance n'implique pas de changements profonds. Les différents partis ou groupes de partis se succèdent donc régulièrement les uns aux autres, se contentant d'apporter quelques nuances qui ne changent rien quant au fond. Or justement les démocrates n'ont pas l’intention d'«alterner» avec le pouvoir dictatorial.

Leur objectif, c'est l'instauration de la démocratie, ce qui passe nécessairement par la destruction de la dictature. Il ne peut donc pas être question d'alternance, mais d'une véritable alternative. La question de l'alternance peut bien se poser une fois que la dictature est à terre, mais pas avant. Ceux qui mettent en avant la revendication de l'alternance, alors que la dictature est encore debout, sont ceux qui pensent simplement que c'est à leur tour de gouverner eux aussi. L'alternance aujourd'hui, ce n'est qu'une façon de dire «chacun son tour». Cela n'a rien à voir avec le changement démocratique.

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