Jean-Pierre FABRE et CAP-2015: Un faire valoir pour FAURE Gnassingbé. (Quatrième partie)


Sur les réformes constitutionnelles et institutionnelles. (De nouvelles négociations.)

 

fabreIl est fort affligeant de constater qu'après tant d'expériences malheureuses, certains compatriotes en soient encore à considérer, comme objet de revendications démocratique, le respect et l'application par le pouvoir des multiples accords signés avec l'opposition (22 engagements, Accord cadre de Lomé, Accord politique global pour ne citer que ceux-là...). Il est dommage qu'ils ne se rendent pas compte que c'est du temps perdu, et qu'ils ne servent qu'à légitimer le pouvoir, et pour les faux démocrates, à se mettre en valeur.

 

Comment peut-on croire un instant qu'un dictateur accepte d'appliquer des accords qui le priveraient du pouvoir dont il profite ? Il en est de même des réformes constitutionnelles et institutionnelles. Nous nous contenterons donc de rappeler la position des démocrates à ce sujet: 

Sur la question de l'alternance.

 

Nous savons que cette revendication sur les réformes constitutionnelles et institutionnelles, concerne surtout la question du nombre des mandats présidentiels, la question du retour à l'élection présidentielle à deux tours, et en définitive la question de l'alternance.

Pour les démocrates, la revendication de l'alternance aujourd'hui, n'est pas une revendication démocratique.En effet, l’alternance c'est simplement la succession répétée et régulière au pouvoir. Comme le montrent les pays souvent cités comme des modèles, l'alternance n'implique pas de changements profonds. Les différents partis ou groupes de partis se succèdent donc régulièrement les uns aux autres, se contentant d'apporter quelques nuances qui ne changent rien quant au fond. Or justement les démocrates n'ont pas l’intention d'«alterner» avec le pouvoir dictatorial.

Leur objectif, c'est l'instauration de la démocratie, ce qui passe nécessairement par la destruction de la dictature. Il ne peut donc pas être question d'alternance, mais d'une véritable alternative. La question de l'alternance peut bien se poser une fois que la dictature est à terre, mais pas avant. Ceux qui mettent en avant la revendication de l'alternance, alors que la dictature est encore debout, sont ceux qui pensent simplement que c'est à leur tour de gouverner eux aussi. L'alternance aujourd'hui, ce n'est qu'une façon de dire «chacun son tour». Cela n'a rien à voir avec le changement démocratique.