LE FRAC, TÊTE DE PONT DE L’IMPÉRIALISME FRANÇAIS AU TOGO (Troisième partie)

 

À propos des sempiternelles marches du samedi

 

manif anc fracDepuis la prévisible parodie d’élection du 4 mars dernier, l’UFC de Fabre et quelques opportunistes (Yamgnané et Cie) organisent tous les mercredis des séances de prières, suivies d’une marche à travers Lomé les samedis pour protester contre cette énième mascarade électorale. On remarque que lors de ces hebdomadaires marches et prières, Fabre et ses acolytes ne cessent de nous faire croire que «la fin du régime est pour demain…!» «Que le pouvoir a peur des séances de prière»… Voilà les arguments dont Fabre et les siens usent abondamment tous les samedis pour tenter de convaincre le peuple. Il faut noter que ce n’est pas la première fois qu’on nous propose de telles actions contre le pouvoir dictatorial. Le moins qu’on puisse dire est que Fabre et le FRAC n’inventent rien de nouveau. La preuve en est que ces arguments dont-ils usent aujourd’hui pour mobiliser le peuple ont été déjà le mot d’ordre du COD1 et COD2 dans les années 1991 et 1993. On sait à quoi tout cela a abouti. À entendre tous ces arguments, on constate que Fabre et le FRAC se voilent la face et évitent de tirer les leçons des évènements passés. Ce qui frappe dans ces arguties développées par Fabre et les leaders du Frac, c’est leur incapacité à s’autocritiquer. En bref, ce que les promoteurs de la marche du samedi nous proposent n’est qu’une simple régression du mouvement du démocratique.

Si les leaders de l’UFC-FRAC avaient la volonté de poser les véritables questions, de tirer les leçons du passé, ils n’auraient certainement pas appelé les masses togolaises à aller voter. Puisque nous savons depuis fort longtemps que Faure et le RPT détiennent le pouvoir de manipuler ces élections avec la complicité des puissances étrangères. Dans la situation qui prévaut actuellement, une des questions fondamentales qu’occulte Fabre est: peut-on mettre fin à un régime dictatorial par les urnes? Par de simples marches de protestation? Par des incantations et des prières?

En ressassant tous les jours que «le pouvoir a peur des marches du samedi», on dirait que Fabre et les opportunistes du FRAC sont amnésiques. Ont-ils oublié que le COD 2 a déjà par le passé déclenché une grève générale illimitée qui a paralysé tout le pays pendant 9 mois? Pendant cette grève générale illimitée, l’administration RPTiste était restée intacte et l’autocrate Eyadema lui même terré dans son bunker de Lomé II continuait de diriger le pays. Mais la vie a confirmé que cette grève générale illimitée n’a pas du tout désorganisé les forces de l’autocratie. C’est pourquoi on ne voit pas ce qu’ont de différent, aujourd’hui, les marches du samedi, et surtout, comment ces manifestations peuvent affaiblir le pouvoir du clan Gnassingbé. Tout comme la grève générale déclenchée par le COD2, les marches du samedi sont donc condamnées à s’essouffler, à se terminer en queue de poisson.

Il est clair que les marches du samedi initiées par les leaders du FRAC ne peuvent nullement mettre fin à la dictature du clan Gnassingbé. Ces manifestations du samedi sont une gesticulation inutile et servent surtout à occulter le manque de perspective chez ces faux démocrates. Dans ces conditions, le seul objectif qu’ils peuvent viser c’est donc de pousser le RPT et Faure à ouvrir une nouvelle négociation. Ce qui permettra aux promoteurs de ces marches du samedi d’aller s’asseoir au gouvernement néocolonial pour goûter, eux aussi, à la chose publique comme ce fut le cas du CAR, la CDPA et aujourd’hui la fraction Gilchrist Olympio. Pour l’instant, il n’est pas certain qu’ils obtiendront satisfaction.

Il est vrai que certains parlent de «solution à la Malgache». Mais ils oublient de nous expliquer en quoi cette «solution» a apporté un quelconque changement démocratique pour le peuple malgache. Le FRAC n’est qu’une diversion de plus, pour retarder la prise de conscience et l’organisation du peuple. Les démocrates togolais ne se laisseront pas prendre à ce piège démoniaque.

 

 

Bruxelles, le 13 août 2010

Le Front des Organisations Démocratiques Togolaises en Exil

Site web: www.togoenlutte.org